Le guide suprême iranien a mis en garde jeudi contre les valeurs occidentales et notamment le rôle de la femme, une question sensible au sein du régime alors que certains conservateurs souhaitent renforcer des mesures de non-mixité dans la société.

« La crise morale augmente en Occident », a affirmé l’ayatollah Ali Khamenei, cité par son site internet (www.leader.ir), évoquant « la mauvaise attitude à l’égard des femmes qui fragilise les valeurs féministes » telles qu’elles sont prônées par l’Iran islamique.

Ces valeurs, concernant la place de la femme dans la société, sont inscrites dans la Constitution, selon laquelle le « devoir » de la femme iranienne est d’élever ses enfants dans le respect de la religion.

L’ayatollah Khamenei s’exprimait en recevant les membres de l’Assemblée des experts, composée de responsables religieux et chargée de superviser les activités du guide.

L’instance, qui s’est réunie en début de semaine, a notamment discuté de « l’invasion culturelle » occidentale, comme le relâchement du code vestimentaire islamique et les concerts qui violent les lois religieuses, selon la presse.

Ces déclarations interviennent alors qu’un responsable de la police iranienne a récemment estimé que les femmes ne devaient pas servir les clients dans les cafés et maisons de thé traditionnelles.

La vice-présidente chargée des femmes et des affaires familiales, Shahindokht Molaverdi, a dénoncé cette idée qui, selon elle, ne ferait que détériorer la position des femmes en les empêchant de trouver du travail.

La place des femmes dans la société est une question sensible en Iran. Le président Hassan Rouhani prône une plus grande liberté politique et culturelle dans le respect des valeurs de la République islamique et s’est dit contre la discrimination des femmes.

La mairie de Téhéran est également l’objet d’une polémique depuis la décision du maire, le conservateur Mohammed Bagher Ghalibaf, d’instaurer la séparation des sexes au sein des services municipaux.

La presse féminine est aussi visée par une campagne en faveur du renforcement des valeurs islamiques en Iran.

Shahla Sherkat, rédactrice en chef du grand magazine féminin iranien Zanane Emrooz (Femmes d’aujourd’hui) a été convoquée devant un commission chargée des médias à la suite d’une plainte, a-t-elle dit jeudi à l’AFP.

Cette plainte concernait « la publication de photos de femmes dans lesquelles elles étaient considérées comme des objets », a-t-elle expliqué.