La communauté bahaïe a salué mardi la libération d’une de leurs adeptes qui purgeait une peine de prison de dix ans en Iran, tout en s’inquiétant du sort de six autres responsables bahaïs condamnés avec elle.

Mahvash Sabet, « a été libérée [lundi] 18 septembre », a déclaré à l’AFP Diane Ala’i, une responsable de la Communauté internationale bahaïe (CIB) à Genève.

Cette libération est « un événement bienvenu [mais] cela ne marque pas la fin de la persécution des bahaïs en Iran », écrit la CIB dans un communiqué, déplorant la « pression accrue » qui s’exerce sur les adeptes de cette religion sous la forme d’un « apartheid économique contre une partie de la population iranienne ».

Âgée de 64 ans, Mme Sabet « attend naturellement la libération de ses six collègues qui continuent d’être injustement emprisonnés », ajoute le communiqué.

Selon la CIB, Mme Sabet et six autres responsables bahaïs iraniens ont été arrêtés en mars 2008. Tous les sept avaient été condamnés en août 2008 à vingt ans de réclusion pour hérésie et espionnage au profit d’Israël, avant que leur peine ne soit ramenée à dix ans d’emprisonnement.

La loi iranienne autorise la libération d’une personne condamnée après que la moitié de sa peine a été purgée si elle a fait preuve de bonne conduite.

Les bahaïs suivent les enseignements de Bahaullah, né en Iran en 1817, qu’ils considèrent comme un prophète. Ils ont été victimes de persécutions et de discriminations en Iran dès l’apparition de leur foi dans la seconde moitié du XIXe siècle, bien avant la révolution islamique de 1979.

La République islamique d’Iran les considère comme un foyer d’hérétiques et d’opposants, ainsi que comme des « espions » d’Israël, car leur siège mondial est à Haïfa, dans le nord de l’Etat hébreu.

La communauté bahaïe affirme compter plus de sept millions de fidèles dans le monde, dont 300 000 en Iran, où ils se plaignent d’être interdits d’accès à l’université et à l’administration.