Washington (AFP) – Le président des Etats-Unis Barack Obama a exhorté mardi le Congrès à laisser sa chance à la diplomatie sur le dossier nucléaire iranien, menaçant de son veto toutes sanctions votées contre Téhéran pendant les négociations internationales.

Le président Obama espère ainsi contraindre Téhéran à prouver que son programme nucléaire est exclusivement pacifique et éviter alors un nouveau conflit militaire au Moyen-Orient.

Dans son discours sur l’état de l’Union, Barack Obama a plaidé pour « donner à la diplomatie une chance de réussir », espérant résoudre le casse-tête du nucléaire iranien qui empoisonne la communauté internationale depuis une décennie.

Et il a prévenu le Congrès, divisé sur la question iranienne, qu’en cas de sanctions supplémentaires votées pendant la durée des négociations, il y opposerait son veto présidentiel.

« Que ce soit clair : si le Congrès m’envoie maintenant une nouvelle loi de sanctions qui menace de faire dérailler ces pourparlers, j’y mettrai mon veto », a lancé le président des Etats-Unis.

Il n’a pas caché que ces négociations seraient « difficiles » et qu' »elles peuvent ne pas réussir ».

L’Iran et les grandes puissances réunies dans le groupe « 5+1 »  (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) ont signé le 24 novembre 2013 à Genève un accord intérimaire entré en vigueur le 20 janvier, pour une durée de six mois.

Les discussions doivent reprendre mi-février à New York entre Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, Catherine Ashton, son homologue pour l’Union européenne et, côté américain, Wendy Sherman, numéro trois du département d’Etat.

« Avec nos alliés et partenaires, nous sommes impliqués dans des négociations pour voir si nous pouvons parvenir à l’objectif que nous partageons tous : empêcher l’Iran d’avoir une arme nucléaire », a martelé le président Obama.

« Parvenir à l’objectif que nous partageons tous : empêcher l’Iran d’avoir une arme nucléaire »

Barack Obama

Le groupe « 5+1 » et Israël soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que la République islamique dément farouchement, insistant sur le caractère pacifique de ses activités.

« Si les dirigeants iraniens ne profitent pas de cette occasion, alors je serai le premier à réclamer davantage de sanctions », a assuré M. Obama, répétant être « prêt à exercer toutes les options pour s’assurer que l’Iran ne construit pas une arme nucléaire ».

Mais, a lancé le chef de l’exécutif, « si les dirigeants iraniens saisissent cette chance, alors l’Iran pourrait faire un pas important pour rejoindre la communauté des nations et nous aurons réglé l’un des tout premiers défis contemporains en matière de sécurité, sans risquer de faire la guerre ».

Ce président américain, sceptique de l’interventionnisme militaire à tout crin, qui a retiré son armée d’Irak et a commencé à le faire d’Afghanistan, a toutefois prévenu que les Etats-Unis devaient « rester vigilants » face à des menaces protéiformes.

D’après Barack Obama, Washington est parvenu à placer Al-Qaïda « sur le chemin de la défaite » mais « la menace a évolué » et des groupes affiliés au réseau islamiste s’enracinent « au Yémen, en Somalie, en Irak et au Mali ».

Le président avait déjà affirmé lors de son discours en 2013 que le « cœur » d’Al-Qaïda, au Pakistan, n’était plus que « l’ombre de lui-même ». Il a insisté cette année sur le danger que posait sa dissémination dans le monde. « Le fait est que le danger demeure », a-t-il admis.

Il a également fait de la lutte contre Al-Qaïda l’un des arguments majeurs pour l’éventuel maintien d’une présence militaire en Afghanistan au-delà de 2014, une fois la mission de combat de l’Otan terminée.

« Si le gouvernement afghan signe l’accord de sécurité que nous avons négocié, une petit contingent d’Américains pourrait rester en Afghanistan avec les alliés de l’Otan pour mener deux missions: former et assister les forces afghanes, et des opérations antiterroristes pour traquer les restes d’Al-Qaïda », a expliqué M. Obama.