Durant ce weekend, l’Iran a accéléré sa rhétorique contre les États-Unis, au moment-même où les pouvoirs occidentaux commençaient à alléger les sanctions sur la République Islamique. En effet le pays affirme « qu’il n’y aura pas de limites dans les représailles » si l’Amérique venait attaquer l’Iran.

« L’option militaire américaine ne nous intéresse pas, » a déclaré le commandant et député de la Garde révolutionnaire iranienne, Hossein Salami, lors d’une interview télévisée samedi soir.  « Ils peuvent utiliser cette option mais devront prendre la responsabilité des conséquences destructives. »

« Les États-Unis peuvent avoir différents scénario contre l’Iran. Cela peut se faire par une attaque militaire aérienne. Il peut s’agir de tirs de missiles, ou bien d’une incursion terrestre limitée » a ajouté M. Salami. « Chaque scénario a été identifié, toutes les possibilités ont été étudiées, et nous disposons d’unités de renseignements bien plus supérieures [parées] à tous ces différents scénario. »

M. Salami semblait répondre à une interview de Kerry, diffusée par la chaîne Al-Arabiya le 23 janvier. Dans l’interview, le secrétaire d’État américain, affirmait que si l’Iran continue d’enrichir ses ressources d’uranium au-delà des limites autorisées, ou construit des armes nucléaires, « alors l’option militaire qui reste aux mains des Etats-Unis demeure prête à être employé pour faire ce qu’elle est censée accomplir. »

Peu de temps après l’interview de M. Salami, le ministre iranien de la Défense, Hossein Dehgan, a adopté un ton proche, lors d’une cérémonie marquant le retour de l’exil du fondateur de la République Islamique, Ruhollah Khomeini, selon un rapport de l’agence de presse iranienne Fars.

« Les pouvoirs arrogants du monde, ont aujourd’hui peur des hautes capacités défensives de l’Iran et c’est pour cette raison que leurs types de sanctions et de menaces changent tous les jours, » a affirmé M. Dehgan.

Ce n’est pas la première fois que de hauts responsables militaires iraniens tournent les menaces américaines en dérision. La semaine dernière, un commandant de la marine du Corps des Gardiens de la révolution islamique, Ali Fadavi, a rejoint les critiques. « L’option militaire est un sujet ridicule. Même les enfants de John Kerry s’en moquent. »

Malgré les positions prises par la Défense à Téhéran, un nouveau cycle de pourparlers est prévu à Vienne le 18 février. L’Iran et le P5+1 y discuteront une solution finale pour le programme nucléaire iranien tant contesté.

En novembre, l’Iran avait déjà signé un accord intérimaire avec le groupe P5+1 – la Grande-Bretagne, la Chine, la France la Russie, les États-Unis et l’Allemagne – et avait commencé à le mettre en œuvre le 20 janvier.

Selon l’accord, qui doit durer six mois, l’Iran s’est soumis aux limites d’enrichissement de l’uranium de 5%, réduisant sa production de 20%. En retour, l’Union européenne et les États-Unis ont allégé les sanctions économiques qui pesaient sur l’Iran.