Un footballeur iranien radié de la sélection nationale pour avoir joué contre un club israélien est sorti de son silence vendredi, affirmant qu’il n’avait pas l’intention d’offenser son pays.

« Mon pays a toujours été et continuera d’être ma priorité », a écrit le milieu de terrain Masoud Shojaei sur son compte Instagram. « J’ai toujours essayé de travailler de mon mieux pour être un digne représentant » de l’Iran.

Masoud Shojaei et son compatriote Ehsan Haji Safi ont été exclus le 10 août de la sélection nationale pour avoir participé à un match de qualification de la Ligue Europa avec leur club grec du Panionios face au club israélien du Maccabi Tel Aviv.

Téhéran estime que participer à une rencontre sportive contre des athlètes israéliens équivaut à une reconnaissance de cet Etat et à un abandon de la cause palestinienne.

Le ministre adjoint des Sports, Mohammad Reza Davarzani, avait estimé que les deux joueurs n’avaient plus leur place en équipe nationale « car ils ont franchi la ligne rouge du pays ».

Mais l’Iran a ensuite semblé reculer après une vague de protestation sur les réseaux sociaux et le lancement d’une enquête de la FIFA, qui interdit toute ingérence politique dans les équipes nationales.

Carlos Queiroz, l'entraîneur portugais de la sélection iranienne de football, à Téhéran, le 12 juin 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Carlos Queiroz, l’entraîneur portugais de la sélection iranienne de football, à Téhéran, le 12 juin 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Selon l’agence de presse Isna, la Fédération iranienne de football a démenti les sanctions contre les deux joueurs dans une lettre adressée à la FIFA le 13 août.

L’entraîneur de l’équipe nationale, Carlos Queiroz, a repoussé au 27 août l’annonce de la liste des joueurs sélectionnés pour le prochain match international, les médias locaux affirmant qu’il profiterait de ce délai pour échanger avec la fédération sur le sort des deux joueurs.

Sur Instagram, Shojaei, 33 ans, a répondu aux critiques l’accusant d’avoir « manqué de respect » aux martyrs iraniens en jouant face à une équipe israélienne.

« Je suis un enfant de la guerre, je viens d’une ville de sacrifice et de résistance », a-t-il écrit en référence à la guerre Iran-Irak dans les années 1980. « Je mesure le statut de ceux qui ont tout donné pour nous défendre et […] je ne chercherai jamais à salir le nom, l’image et le sacrifice de ces héros », a-t-il ajouté.

Israël et l’Iran se considèrent comme des pays ennemis et n’entretiennent aucun lien diplomatique.