L’Iran a jugé mercredi « inacceptable » le rejet possible par les Etats-Unis d’une demande de visa pour son prochain ambassadeur à l’ONU, un homme lié à la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a estimé mardi que la nomination d’Hamid Aboutalebi n’était pas encore acquise et a indiqué que le gouvernement américain avait « informé le gouvernement de l’Iran que cette possible sélection n’était pas viable ».

La veille, le Sénat avait voté une résolution qui interdirait la délivrance d’un visa américain à M. Aboutalebi.

M. Aboutalebi affirme qu’il n’a pas participé au début de la prise d’otages de novembre 1979, quand des étudiants qui avaient chassé le shah, favorable aux Occidentaux, ont pris possession de l’ambassade américaine.

Il dit avoir uniquement travaillé comme interprète lors de la libération de 13 femmes et afro-américains. Les 52 personnes restant prisonnières dans l’ambassade ont ensuite été retenues durant 444 jours.

« Le gouvernement américain sait que ce genre d’attitude est totalement inacceptable pour nous », a affirmé le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, en marge des négociations nucléaires avec les grandes puissances à Vienne.

Interrogé par la presse iranienne, il a défendu la candidature de M. Aboutalebi, « l’un de nos diplomates les plus expérimentés et rationnels ».

« On ne doit pas permettre qu’un groupe d’extrémistes détermine le programme de la présence de l’Iran aux Nations unies », a dénoncé le ministre, lui-même ancien diplomate à l’ONU. Il a précisé que Téhéran suivrait le dossier à travers « les mécanismes de l’ONU ».

Les Etats-Unis sont en principe obligés d’accorder des visas aux diplomates travaillant à l’ONU, dont le siège est basé à New York. Le département d’Etat américain a cependant rappelé qu’il pouvait exister des exceptions « en certaines circonstances ».

L’affaire intervient dans une période de détente relative entre les deux pays, qui ont rompu leurs relations diplomatiques après la révolution islamique de 1979.

Hamid Aboutalebi, ex-diplomate en Australie, en Italie et en Belgique, est considéré comme proche des réformateurs iraniens et du président Hassan Rouhani.

Élu en juin 2013, ce religieux qualifié de modéré a promis d’apaiser les tensions avec les pays occidentaux, notamment sur le programme nucléaire controversé de Téhéran, soupçonné de cacher un volet militaire.

Les grandes puissances, dont les Etats-Unis, ont conclu en novembre un accord intérimaire avec l’Iran et les discussions se poursuivent pour parvenir à un accord définitif, dont la rédaction est prévue en mai.