Le ministre iranien des Renseignements a pris la défense mercredi d’un négociateur du traité nucléaire qui a été condamné à cinq ans de prison pour des accusations d’espionnage, dans une rare critique implicite du système judiciaire.

Abdolrasoul Dorri Esfahani, un Irano-Canadien, a été condamné début octobre à une peine de cinq ans de prison, l’autorité judiciaire affirmant qu’il était accusé d’avoir « fourni des renseignements à des étrangers » et qu’il avait des « liens avec deux services secrets » étrangers.

Mais ces accusations ont été rejetées par le ministre des Renseignements Mahmoud Alavi dans des commentaires repris par plusieurs agences de presse iraniennes, dont Isna.

« Le département de contre-espionnage du ministère des Renseignements est l’autorité détectant les problèmes ayant trait à l’espionnage », a déclaré M. Alavi.

« Pour ce département, non seulement Dorri Esfahani n’a mené aucune activité d’espionnage, mais il a résisté intelligemment aux attaques des services étrangers contre lui », a-t-il ajouté.

Le ministère des Renseignements relève du bureau du président Hassan Rouhani.

Hassan Rouhani, président iranien, pendant une conférence de presse à Téhéran, le 17 janvier 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Hassan Rouhani, président iranien, pendant une conférence de presse à Téhéran, le 17 janvier 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

La justice est dominée par les conservateurs.

Elle a été régulièrement critiquée à l’étranger pour ses peines de prison à l’égard de bi-nationaux ou étrangers, mais rarement par des membres du gouvernement.

« Le ministère des Renseignements était responsable de la protection (…) des négociations nucléaires et a réalisé l’une de ses meilleurs performances dans ce domaine », a soutenu M. Alavi.

Selon plusieurs médias iraniens, M. Dorri Esfahani a participé aux négociations ayant débouché sur l’accord de 2015 comme expert des questions bancaires et a ensuite fait partie de l’organisme iranien chargé de surveiller la bonne application de ce traité.

Il avait été arrêté en août 2016 après avoir été mis en cause par plusieurs sites internet et députés conservateurs l’ayant accusé d’espionnage au profit de la Grande-Bretagne. M. Alavi avait alors rejeté catégoriquement ces accusations.

L’accord sur le nucléaire iranien a été signé en juillet 2015 à Vienne entre Téhéran et le groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie).

Ce traité a ouvert la voie à une suspension des sanctions économiques contre l’Iran en échange de garanties offertes par Téhéran pour rassurer la communauté internationale sur le caractère pacifique de son programme nucléaire.