Ils se sont rassemblés lundi aux abords de l’ambassade de France à Téhéran pour protester contre la publication d’un dessin représentant le prophète Mahomet dans le magazine français Charlie Hebdo.

Les manifestants, qui répondaient à l’appel du mouvement du Bassidj étudiant (section étudiante de la milice islamique), scandaient « Mort à la France », « Mort à Israël » et « Nous aimons le prophète », selon un journaliste de l’AFP sur place, alors que d’autres réclamaient la fermeture de l’ambassade.

Imad Mughniyeh du Hezbollah (photo credit: CC-BY-SA, Wikimedia Commons)

Imad Mughniyeh du Hezbollah (photo credit: CC-BY-SA, Wikimedia Commons)

Des portraits de Jihad Moughniyeh, un membre du Hezbollah tué dimanche lors d’une attaque israélienne sur le Golan syrien ont également été brandis. Jihad était le fils d’Imad Moughniyeh, ex-commandant militaire du mouvement chiite libanais lui-même assassiné en 2008.

Une autre pancarte, un photo-montage, représentait le chef de l’organisation Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, entre le président François Hollande et le Premier ministre israélien Benjamin Netanhayu lors de la récente Marche contre le terrorisme à Paris.

L’ambassade, située dans le centre de la capitale, était protégée par un important dispositf de sécurité d’environ 150 policiers anti-émeute dont des unités à motos.

Un orateur a affirmé que la manifestation voulait « condamner l’insulte de Charlie Hebdo », mais également dénoncer le fait que « l’ambassade oblige les femmes à enlever leur voile pour obtenir un visa ». En Iran, les femmes, quelque soit leur religion, doivent avoir les cheveux et le cou couverts par un voile.

Les organisateurs protestaient aussi contre la rencontre entre le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avec son homologue américain John Kerry vendredi à Paris, deux jours après la publication de la caricature.

Le dessin était paru à la Une du journal satirique victime le 7 janvier d’un attentat qui avait tué 12 personnes et décimé sa rédaction.

L’Iran a condamné les attentats à Paris, notamment contre Charlie Hebdo, mais également la publication du dessin, en dénonçant un « abus » de la liberté d’expression.

« C’est le moins que je puisse faire de protester contre cette insulte, nous condamnons les insultes envers tous les prophètes », a affirmé à l’AFP Vanak, une femme d’une cinquantaine d’années vêtue d’un tchador, la tenue traditionnelle iranienne.

La publication du dessin a entraîné une vague de protestation, avec des manifestations parfois violentes, dans plusieurs pays musulmans, dont au Pakistan où un photographe de l’AFP a été grièvement blessé par balle vendredi.

La dernière manifestation de colère devant l’ambassade de France a Téhéran remonte à octobre 2012, déjà à cause de caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo. Le rassemblement était resté pacifique.