Irruption de la police dans un magasin pour obtenir des preuves contre Bitan
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Irruption de la police dans un magasin pour obtenir des preuves contre Bitan

Des caméras cachées de l'établissement de Rishon Lezion montrent le chef de la coalition en train de compter l'argent

Le magasin Metzada à Rishon Lezion. (Crédit : capture d'écran Google Maps)
Le magasin Metzada à Rishon Lezion. (Crédit : capture d'écran Google Maps)

Les détectives de la police enquêtant sur la corruption présumée du député du Likud David Bitan, président de la coalition et proche allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont passé des heures dimanche à examiner des dossiers dans un magasin de Rishon Lezion suspecté d’avoir servi de façade au blanchiment d’argent.

Le magasin, Metzada, appartient à Moshe Yosef, un ami proche de Bitan, a rapporté lundi le quotidien Yedioth Ahronoth. La police et les enquêteurs de l’Autorité fiscale israélienne ont invité un journaliste du journal à regarder pendant qu’ils passaient au crible les dossiers financiers.

Ce n’était pas la première fois que la police se rendait au magasin.

Selon le rapport, lorsque l’enquête sur Bitan a commencé, les policiers ont installé des caméras cachées et des appareils d’enregistrement dans le magasin, et, en utilisant les preuves qu’ils ont recueillies, ont constitué un dossier solide contre le président de la coalition.

Alors que les enquêteurs étaient dans le magasin, Bitan, défendu dimanche par le Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis Paris, a été interrogé par la police pour la troisième fois dans l’enquête, baptisée Affaire 1803, qui a vu au moins 25 personnes arrêtées ou interrogées par la police, dont une douzaine de fonctionnaires des municipalités de Rishon Lezion et Tel Aviv.

Bitan est soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin d’organisations criminelles à Rishon Lezion une fois devenu maire adjoint de la ville en 2005, et d’avoir détourné un appel d’offres en faveur du fils d’une connaissance en échange d’argent.

Vendredi, il a été signalé que Yosef est un suspect clé dans l’affaire et aurait géré des pots de vin que Bitan est soupçonné d’avoir reçu des entrepreneurs. La police espérait convaincre Yosef de devenir un témoin-clé à la lumière des nombreux éléments de preuve à son encontre.

Le personnel du magasin de meubles a dit au Yedioth Ahronoth dimanche que Bitan rendait régulièrement visite et organisait des réunions dans une pièce annexe avec Yosef. Cependant, ils ont nié avoir eu connaissance de ce qui s’est passé lors de ces réunions et auraient été choqués d’apprendre que leur patron était un suspect.

Selon le reportage, des images policières provenant des caméras cachées ont montré que Bitan comptait de grosses sommes d’argent et semblait utiliser le magasin comme banque pour retirer de l’argent.

Husam Jarushi, mafieux présumé accusé de complicité dans l’enquête concernant David Bitan, député du Likud, au tribunal le 4 décembre 2017 (capture d’écran : Hadashot)

Les images auraient également montré que le président de la coalition saluait chaleureusement Husam Jarushi, un membre de ce que la police considère comme l’un des plus puissants et des plus violents des familles criminelles d’Israël. Bitan a dit à la police lors de son interrogatoire qu’il ne connaissait pas Jarushi, affirmant que s’il l’avait rencontré, c’était seulement en passant lors d’un événement politique.

Pour sa part, Jarushi a admis avoir rencontré Bitan à plusieurs reprises, mais a nié avoir été impliqué dans des pots-de-vin. « Ils nous ont mis sur écoute téléphonique, mais il n’y a pas eu d’enregistrement prouvant que nous soudoyons les gens », a-t-il déclaré dimanche à Hadashot.

Jarushi a déclaré à la chaine d’information que la police n’avait aucune preuve contre lui.

« J’ai dit à l’enquêteur : ‘Si vous avez des preuves que j’ai soudoyé une personnalité publique ou donné de l’argent à quelqu’un, ou quoi que ce soit d’autre, je signerai ce que vous voulez maintenant’ « .

Bitan est soupçonné d’avoir emprunté à des membres de la famille Jarushi et, lorsqu’il était incapable de les rembourser, d’avoir offert des faveurs en échange des prêts. Bitan et Jarushi nient tous les méfaits.

Le cousin de Jarushi, Adnan, chef de la confession islamique Waqf à Ramle, a également été arrêté par la police. Il a dit que le président de la coalition n’avait pas discuté des dettes avec lui.

« Bitan ne m’a jamais mentionné qu’il était endetté – pourquoi devrait-il me raconter ses ennuis ? », a-t-il déclaré à Hadashot.

Lundi, un juge de la haute cour de Rishon Lezion a placé en détention préventive pendant quatre jours deux autres suspects dans l’affaire : l’entrepreneur immobilier David Glazer et l’entrepreneur Albert Biton.

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