Dix points à la fin (présumée) de la guerre entre Israël et le Hamas.

1. Le Hamas perdu. Qu’Israël ait « gagné » ou non – j’entends par là qu’il ait atteint l’objectif limité de la guerre, maintenir un « calme durable » pour sa population – sera déterminé par les négociations qui se déroulent actuellement au Caire, ou leur échec. Mais le Hamas a certainement perdu.

Il y a trois semaines, avec sa capacité de missiles en grande partie intacte, ses forces combattantes complètement intactes, son réseau de tunnels- qu’il a passé sept années à construire – intact, et la majorité de Gaza qu’il prétend représenter intacte, il avait rejeté un cessez-le feu inconditionnel qu’Israël a accepté et avait dressé à la place une longue liste de conditions préalables arrogantes.

A la fin de la guerre, la plupart de ses missiles lancés ont eu relativement peu d’effet, des centaines de ses hommes armés sont morts, 32 de ses principaux tunnels ont été pulvérisés, et Gaza est dévastée, son « aile militaire », ignorant son gras chef politique Khaled Mashaal depuis son hôtel de Qatar hôtel, a agité un drapeau blanc métaphorique, et a demandé le même cesser-le-feu inconditionnel. On ne peut parler d’éviscération – le Hamas veut survivre pour continuer à combattre. Mais de défaite flagrante, oui.

2. L’Egypte est cruciale. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a parlé dans des termes ambigus samedi soir de nouveaux alliés potentiels d’Israël dans la région. La seule qui compte vraiment, c’est l’Egypte. Le non-regretté ex-président Mohammed Morsi [Frères musulmans] partageait des intérêts communs fondamentaux avec le Hamas, branche des FM.

L’homme qui a renversé Morsi, le président Abdel Fattah el-Sissi, partage les désirs d’Israël de broyer le gouvernement terroriste de Gaza. Ce dernier mois, Le Caire s’est évertuée à obtenir ce cessez-le feu inconditionnel, jusqu’à ce que le Hamas plie. Le défi est maintenant que l’Egypte et Israël fassent preuve de la même inflexibilité sur des accords à long terme, notamment en oeuvrant ensemble pour empêcher le Hamas de reprendre sa contrebande d’armes, comme au temps de Morsi.

3. Les États-Unis sont un peu moins (cruciaux). Les États-Unis sont l’allié le plus important d’Israël ; cette alliance est essentielle à notre bien-être. Elle nous permet de nous défendre ; elle nous soutient au niveau diplomatique, lorsque la communauté internationale nous tourne le dos. Mais moins on en dit des efforts diplomatiques américains pour aboutir à un cessez-le feu au cours des dernières semaines, mieux c’est.

Quant à la banalité récurrente qu’Israël « a le droit de se défendre », puis-je suggérer une formulation plus précise et appropriée qui serait qu’Israël est obligé de se défendre contre un gouvernement terroriste voisin qui utilise sans pitié toutes les ruses possibles et imaginables pour tuer des Israéliens, y compris le sacrifice de son propre peuple, alors que lui-même se planque en souterrain.

Nous avons gratté le fond de la belle morale occidentale quand c’est un responsable iranien qui a fait observer, tout en louant la « résistance », que le Hamas aurait dû parquer les civils de Gaza dans ses tunnels, à l’abri des frappes militaires israéliennes qu’il a lui-même provoquées avec ses tirs de roquettes et ses tunnels offensifs.

4. C’est le Hamas qui a commencé. Désespéré de contrer la mainmise israélo-égyptienne sur ses finances et ses importations militaires, le Hamas a déclenché ce conflit. Il a essayé de reprendre pied en Cisjordanie avec son accord de « gouvernement d’union » avec le haï Fatah de Mahmoud Abbas, mais quand trois adolescents israéliens ont été enlevés et assassinés par une cellule de Gaza financée par le Hamas en juin, Israël a sévi à nouveau contre le Hamas en Cisjordanie, arrêtant 400 de ses hommes.

A court d’options, de plus en plus impopulaire dans la bande de Gaza, et ayant désespérément besoin d’argent, le Hamas a intensifié ses attaques de roquettes, et nous en sommes là quatre semaines plus tard. Israël, les Nations unies, les États-Unis, l’Union européenne, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Ligue arabe – à peu près tout le monde sauf le Qatar, la Turquie, l’Iran et le Hamas – veulent une cessation de longue haleine des hostilités, une aide humanitaire pour Gaza, un rôle élargi pour Abbas, et la levée des restrictions uniquement liées au désarmement du Hamas et d’autres groupes terroristes.

La seule question est de savoir comment imposer tout cela. Memo à Washington, DC : Il y a fort à parier que la participation du Qatar et de la Turquie n’aideront pas.

5. Le rôle d’Abbas. A propos : A choisir entre le Hamas et Abbas à Gaza, Netanyahu préfère Abbas. A choisir entre Tsahal et Abbas en Cisjordanie, pas tant que cela.

6. A propos de ces tunnels. Peut-être que le monde s’en moque, ou peut-être ne leur avons-nous pas assez bien expliqué, mais le Hamas a consacré une grande partie de son énergie, de son argent, de sa main-d’oeuvre, de son temps et de sa réflexion stratégique depuis sa prise de la bande en 2007 à creuser un vaste réseau de tunnels – y compris de nombreux tunnels sous la frontière avec Israël, assez larges pour les traverser à moto, dans le but incontestable d’envoyer un grand nombre de terroristes dans le sud d’Israël pour procéder à un assassinat de masse.

Je dis incontestable parce que, pendant que l’armée israélienne s’échinait à pulvériser ces tunnels, le Hamas cherchait désespérément à en faire usage, opérant six attaques au cours de la guerre, avec ses hommes armés émergeant de ces tunnels, tant 11 soldats de Tsahal.

A la frontière entre Gaza et l’Egypte, les forces de Sissi ont passé l’année dernière à fermer plus de 1 000 tunnels de contrebande plus rudimentaires, à travers lesquels le Hamas transférait de l’armement utilisé dans cette guerre.

Apparemment, il y a encore des dirigeants politiques et des leaders d’opinion dans des pays relativement éclairés qui ne comprennent pas tout cela, qui persistent à soutenir que les tunnels de Gaza ont été construits uniquement pour la contrebande de produits de base dont les Gazaouis sont cruellement privés par l’alliance israélo-égyptienne , et qui demandent le démantèlement du blocus sans le relier à un démantèlement parallèle du Hamas, mouvement terroriste armé jusqu’aux dents.

Pour résumer : les tunnels que le Hamas a creusés sous la frontière n’ont pas été construits pour transférer de l’essence et de la nourriture de base dans la bande de Gaza, mais pour infiltrer un grand nombre d’assassins en Israël.

7. Les Israéliens ne sont pas tiraillés. Le monde est très en colère contre Israël, qu’il considère le responsable principal de la dévastation de Gaza. Il pense qu’Israël a utilisé une force disproportionnée. Certains pays autrefois amis veulent cesser de vendre des armes à Israël, et donc lui ôter sa capacité à se protéger. Il y aura des tentatives de poursuites pour crimes de guerre, des résolutions de l’ONU, de mauvaises enquêtes de l’ONU, de violentes manifestations, des boycotts, des embargos, de l’antisémitisme, etc.

Pour ce que ça vaut, la plupart des Israéliens s’inquiètent certes des conséquences internationales, mais ne sont franchement pas trop tiraillés. Ils ne sont pas insensibles au terrible bilan de pertes et la dévastation à Gaza ; ils savent seulement qu’Israël n’a pas initié le conflit, et estiment que les dirigeants et les forces armées ont tenté de minimiser les dégâts, dans une guerre qu’Israël ne voulait pas, sans pouvoir totalement les éviter.

Beaucoup d’Israéliens sont frustrés de la manière dont ce conflit est couvert et interprété à l’étranger ; vraiment, à l’exception de la courageuse Finn et de l’honnête Indien, aucun parmi ces hordes de journalistes super-professionnels à Gaza, il est étrange qu’aucun n’ait pu filmer plus de 3 000 rampes de lancement de roquettes lancements – dont 600 à proximité des écoles et d’autres installations civiles ? Aucun d’entre eux n’a-t-il vu d’hommes armés du Hamas tirer depuis des maisons et des hôpitaux, habillés en civil ? Ainsi soit-il. La plupart des Israéliens se rappellent du retrait israélien de Gaza en 2005, que le Hamas a prise d’assaut pour construire une machine de guerre au sein des civils de Gaza.

Du parti Habayit Hayehudi à droite, jusqu’à l’opposition menée par le Parti travailliste à la gauche, tous considèrent que c’est une guerre « pour défendre la maison » – une guerre non sur un territoire contesté mais qui vise l’ensemble de l’Israël souverain, et apparemment incontesté. Une guerre dans laquelle tout Israël a été la cible de roquettes. Le sud d’Israël a appris que ses voisins très malintentionnés étaient en train de creuser des tunnels terroristes dans leurs cuisines et jardins d’enfants.

Il fallait les arrêter. Aucun autre pays ne se comporterait autrement. Et peu d’Israéliens pensent qu’un autre pays aurait abordé la stratégie du Hamas particulièrement pernicieuse d’utiliser les Gazaouis comme boucliers humains avec plus de délicatesse que l’armée israélienne.

8. Les difficultés rencontrées par les forces terrestres. Les Israéliens sont profondément impressionnés par la façon dont les forces terrestres de Tsahal ont géré le Hamas. Les troupes étaient face à des hommes armés en civil, des hommes armés en uniforme de Tsahal, des tireurs d’élite, des explosifs inattendus, des maisons piégées, des terroristes suicides, des armes sophistiquées, des hommes armés surgissant de tunnels, des trous dans les murs et les placards. Elles ont appris à leurs dépens que même les zones censées être « sécurisées » ne l’étaient pas – que des hommes armés pourraient apparaître de nulle part pour tuer.

Lorsque les soldats sont tombés au combat, des milliers et des milliers d’Israéliens ont assisté à leurs funérailles. Quelques Israéliens doutent que l’armée israélienne puisse « briser » le Hamas et reprendre Gaza si elle en avait l’ordre. Si nous avions reçu l’ordre d’aller chercher les dirigeants du Hamas, « nous serions allés à [l’hôpital] Shifa et les aurions tirés par les oreilles », a déclaré le lieutenant-colonel. (rés.) Ori Shechter, commandant adjoint de la brigade Nahal, à la radio de l’armée mercredi.

9. Lorsque les ministres prolixes se turent. Les querelles politiques, en revanche, vont reprendre en Israël avec le maintien du cessez-le-feu. L’union politique relative du mois passé est tellement peu typique d’Israël. Selon la Deuxième chaîne, Tsahal a présenté une évaluation des conséquences d’une reconquête totale de la bande de Gaza.

Rétablir le contrôle israélien sur l’ensemble du territoire et éradiquer les menaces militaires entraînerait la mort de centaines de soldats et de milliers de Palestiniens, risquerait l’enlèvement de soldats, mettrait en danger les traités de paix d’Israël avec l’Egypte et la Jordanie, assénerait un coup à l’économie, déclencherait des émeutes violentes d’Arabes israéliens en Cisjordanie, et prendrait environ cinq ans, ont été informés les ministres.

En public, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman et le ministre de l’Economie Naftali Bennett exigent qu’Israël « aille jusqu’au bout » et destitue le Hamas. La semaine dernière, selon le rapport télévisé, après le briefing sur la reconquête de Gaza, lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé à ses ministres si l’un d’eux voulait procéder à une reconquête de Gaza, pas un n’a levé la main.

Netanyahu, le ministre de la Défense Moshe Yaalon, et la ministre de la Justice, Tzipi Livni, dans cet ordre, ont dirigé cette guerre. Aucun des autres grands causeurs n’avait son mot à dire.

10. L’ennemi est désespéré. Il serait absurde de déclarer que la guerre entre Israël et le Hamas est terminée. Le Hamas n’a pas réussi à obtenir de succès terroriste « de gros calibre ». Il est maintenant désespéré d’obtenir un succès diplomatique d’envergure. S’il ne peut gagner la levée du blocus, il n’aura pas beaucoup d’arguments face aux Gazaouis derrière et en dessous desquels il se cachait.

Malgré la baisse de son stock de missiles et la destruction de la plupart des tunnels, des milliers d’hommes armés du Hamas étaient prêts à mourir dans cette guerre délibérément orchestrée contre Israël, et la plupart d’entre eux ne sont pas morts. Face à un ennemi désespéré et sans pitié, la complaisance n’est pas une option.