Inaugurées il y a 50 ans, après la guerre, les relations diplomatiques entre Israël et l’Allemagne sont marquées à jamais par le sceau de l’Histoire.

Alors que le premier ambassadeur d’Allemagne en Israël était accueilli par des cris de protestation dans les années 1960, l’Allemagne est désormais considérée comme « le plus proche allié d’Israël en Europe », se plaît à remarquer Yakov Hadas-Handelsman, l’ambassadeur d’Israël en Allemagne.

« Le passé est toujours là et devrait toujours être là », a-t-il ajouté.

Les relations qu’Israël et l’Allemagne ont pu construire depuis la Seconde Guerre mondiale auront toujours en leur sein une part d’ambiguïté, un mélange de culpabilité tournée vers le passée et d’une volonté de tourner la page.

S’adressant à la Knesset en 2008, Angela Merkel déclarait que l’existence de l’Etat juif faisait partie d’une raison d’État non négociable.

Si selon un sondage réalisé par la Fondation Konrad Adenauer, 70 % des Israéliens voient l’Allemagne de façon positive, un autre sondage réalisé par la Fondation Bertelsmann, un autre think-tank, décrit les Allemands plus sceptiques envers Israël.

Quand 36 % des Allemands interrogés ont une opinion positive sur Israël, 48 % sont critiques, principalement en raison du conflit avec les Palestiniens, rapporte The Economist.

Le rapport à l’Holocauste est également très différent.

Alors que 81 % des Allemands veulent laisser derrière eux cette part de l’histoire, la grande majorité des Israéliens voit cela comme impossible.

Selon Stephan Vopel de Bertelsmann, alors que les Israéliens ne veulent plus jamais être victimes, les Allemands ont l’aspiration de ne plus jamais faire la guerre. Si bien que 82 % des Israéliens veulent que l’Allemagne vendent à Israël plus d’armes, alors que 68 % des Allemands n’y sont pas favorables.

Les tensions ne sont pas inexistantes : Angela Merkel, favorable à une solution à deux Etats, n’avait pas manqué de souligner publiquement les désaccords entre les deux pays, notamment en raison de l’expansion des implantations juives sur la terre palestinienne.

« Nous sommes d’accord de ne pas être d’accord », avait-elle lancé à Berlin en présence de Netanyahu.

Pour certains commentateurs, l’honnêteté de ces échanges prouve la profondeur de l’amitié qui lie l’Allemagne et Israël. Mais pas pour tous.