Les forces syriennes affiliées au président Bashar el-Assad ont utilisé des armes chimiques dans plus de 30 cas depuis l’adhésion de la Syrie à la Convention sur les armes chimiques l’année dernière, et son engagement à détruire l’ensemble de son arsenal, a déclaré un officier supérieur de l’armée israélienne jeudi.

« Depuis le jour où il a signé l’accord, [Assad] a utilisé des armes chimiques plus de trente fois, et dans tous les cas, des citoyens ont été tués », a déclaré l’officier, ajoutant que les armes ont été « tactiquement déployées », avec des mortiers et des roquettes à courte portée.

Selon l’officier, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, le régime d’Assad se consacre désormais au développement d’armes non conventionnelles, « non classiques », utilisant du gaz plus faible, tel que le chlore.

« Nous ne pouvons déterminer le type d’armes chimiques, mais dans les faits, nous pouvons affirmer qu’il a utilisé ce que nous appelons des substances ‘non classiques’, qui, en définitive, ont tué les citoyens », a-t-il assuré.

Pour l’officier, si l’adhésion de la Syrie à la Convention sur les armes chimiques ait considérablement réduit la menace d’une attaque chimique sur Israël, Assad a toujours pour objectif de produire ce type d’armes.

« Nous pensons qu’[Assad] tentera de conserver un petit stock, mais il est limité par la convention », a-t-il poursuivi.

« C’est pourquoi il développe des produits chimiques qui, comme je l’ai déjà dit, sont ‘non classiques’ – le chlore, par exemple, qui peut se trouver partout en Israël ou dans tout autre pays. »

La semaine dernière, le chef de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), Ahmet Üzümcü, a annoncé la création d’une mission pour « établir les faits autour d’allégations d’utilisation de chlore en Syrie. »

Il a affirmé au cours d’une réunion du conseil exécutif de l’organisme au siège à La Haye que la mission allait bientôt se rendre en Syrie.

« Le gouvernement syrien, qui a décidé d’accepter cette mission, s’est engagé à assurer la sécurité dans les zones sous son contrôle », indique un communiqué.

L’OIAC et les Nations unies détruisent d’ores et déjà les armes chimiques syriennes dans le cadre d’un accord de désarmement convenu en août dernier, suite aux attaques meurtrières au gaz sarin à l’extérieur de Damas.

La nouvelle enquête intervient suite aux allégations de la France et des États-Unis selon lesquelles les forces d’Assad auraient fait un usage tactique de produits chimiques industriels dans un village contrôlé par les rebelles dans la province centrale de Hama le mois dernier.

La France fut la première à se manifester, lorsque le président François Hollande a affirmé la semaine dernière que son pays détenait des « informations » – non des preuves – laissant entendre que le régime d’Assad continuait d’utiliser des armes chimiques en dépit de l’accord.

Les États-Unis ont alors déclaré l’ouverture d’une enquête.

« Nous sommes en possession d’indications selon lesquelles la Syrie aurait utilisé ce mois-ci des agents chimiques industriels toxiques, probablement du chlore, dans le village de Kafr Zita, dominé par l’opposition », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney le 21 avril.

Des déclarations contradictoires sur ladite attaque sur Kafr Zita ont été émises, le gouvernement et l’opposition se rejetant le blâme.

Les activistes ont également signalé d’autres attaques au chlore, plus récemment, dans la province d’Idlib, au nord-ouest, il y a deux semaines.

L’AFP contribué à cet article.