Dans un message vidéo prononcé en arabe, un général israélien a publiquement averti le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique qu’il devait abandonner ses projets de représailles suite à la destruction, le mois dernier, d’un tunnel d’attaque terroriste en Israël qui, creusé depuis Gaza, pénétrait dans l’Etat juif.

Le général de division Yoav Mordechai, qui dirige le bureau du liaison du ministère de la Défense avec les Palestiniens (COGAT), a enregistré une vidéo sur YouTube dans laquelle il s’adresse aux chefs du groupe terroriste en Syrie, avertissant qu’Israël a eu connaissance de leurs plans et que le pays est prêt à riposter.

« Nous avons connaissance du complot que le Jihad islamique palestinien a ourdi contre Israël », explique Mordechai en arabe dans la séquence filmée.

Selon le responsable israélien, cette force terroriste alliée au Hamas « joue avec le feu au détriment des habitants de Gaza, des efforts de réconciliation palestiniens et de la stabilité de toute la région ».

« Et cela doit être clair : Une réponse puissante et déterminée sera apportée à toute sorte de vengeance de la part du Jihad islamique et non seulement contre le Jihad [islamique], mais aussi contre le Hamas », a averti le général.

La vidéo de Mordechai, mise en ligne samedi tard dans la soirée, s’adresse au chef du groupe terroriste, Ramadan Shalah, et à son adjoint, Ziad Nakhaleh, qui dirigent le groupe originaire de Damas et basé à Gaza.

« Contrôlez ce qu’il va se passer parce que vous en serez tenus pour responsables », a ajouté le général.

Le 30 octobre, l’armée israélienne a fait exploser un tunnel d’attaque creusé par le Jihad islamique palestinien, qui partait de la ville de Khan Younis au sein de l’enclave côtière et émergeait sur le territoire israélien, à proximité du Kibboutz Kissufim.

Selon l’armée, le tunnel est resté en permanence sous surveillance et n’a jamais menacé les civils.

Terroristes palestiniens du Jihad islamique pendant les funérailles de membres du groupe dans le camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 31 octobre 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Environ 14 terroristes, majoritairement issus de ce groupe soutenu par l’Iran, parmi lesquels deux hauts-responsables, ont été tués lors de cette explosion. L’armée a fait savoir que cela n’avait pas été l’objectif premier de la démolition du tunnel, suscitant alors les critiques de Naftali Bennett.

Les corps de cinq groupes terroristes qui travaillaient dans le tunnel au coeur du territoire israélien ont été récupérés par l’armée israélienne, a fait savoir l’armée.

Israël a alors laissé entendre qu’il essaierait de les utiliser comme monnaie d’échange pour récupérer les dépouilles de deux soldats israéliens qui seraient détenus par le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, ainsi que deux civils israéliens qui seraient quant à eux entrés dans Gaza et détenus par le mouvement terroriste du Hamas.

Le groupe terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza, a également perdu des membres dans l’explosion opérée par l’armée israélienne.

Dans des déclarations, le Jihad islamique a menacé de venger ses membres tombés au combat. Selon les médias palestiniens, le Hamas a encouragé le groupe à ne pas adopter de mesures de représailles pour empêcher une nouvelle escalade des tensions avec Israël et pour écarter la menace d’un potentiel échec des pourparlers de réconciliation entamés entre l’Autorité palestinienne et le Hamas.

Dans son message sur YouTube, Mordechai s’est référé à ces efforts de réconciliation, disant que le Jihad islamique palestinien « joue avec le feu ». Il a proféré des menaces à leur encontre, évoquant également la sécurité des résidents de la bande de Gaza.

L’organisation n’a pas immédiatement répondu à la mise en garde de Mordechai.

Au début du mois, un haut-responsable du Commandement du sud de l’armée israélienne a averti que les militaires soupçonnaient le groupe terroriste de vouloir riposter après la démolition du tunnel par des attaques contre les soldats qui se tiennent à proximité de la frontière, en tirant des roquettes sur les communautés qui vivent au sud d’Israël ou par des attentats terroristes qui seraient menés en Cisjordanie.

« Le Jihad islamique palestinien va avoir du mal à se retenir », a commenté ce haut-responsable sous couvert d’anonymat.

Le Hamas et le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont signé un accord de réconciliation le 12 octobre pour mettre fin à une décennie de division. L’accord est censé voir l’Autorité palestinienne reprendre le contrôle de la bande de Gaza d’ici le 1er décembre.