Le Wall Street Journal a écrit lundi qu’Israël avait espionné les négociations sur le nucléaire entre les puissances mondiales et l’Iran.

Selon le journal, l’administration américaine aurait découvert l’espionnage peu de temps après le début des pourparlers entre Téhéran et les 5 + 1.

La collecte de renseignements ferait partie d’un effort israélien plus important dont le but serait de s’opposer à tout accord émergent.

Jérusalem aurait reçu des informations classifiées en plaçant sur écoute les négociations et des séances confidentielles, ainsi qu’en parlant à des informateurs et à des diplomates européens.

Une source haute placée de l’administration américaine a déclaré que la Maison Blanche n’avait pas été particulièrement perturbée par l’espionnage lui-même.

Ce n’est que lorsque le gouvernement de Netanyahu a utilisé des informations classifiées pour obtenir le soutien des membres du Congrès que l’administration a estimé qu’une ligne rouge avait été franchie.

Un haut fonctionnaire américain a affirmé : « L’espionnage mutuel entre les États-Unis et Israël est une chose. Cela en est une autre quand Israël vole des secrets américains et les livre aux législateurs américains pour saper la diplomatie des États-Unis. »

Les Américains espionnent également Israël. Ils ont découvert l’espionnage israélien en écoutant des conversations entre responsables israéliens et sont parvenus à la conclusion que les informations d’initiés ne pouvaient venir que de l’espionnage israélien.

Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry doit retourner jeudi en Suisse pour négocier avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif.

Le retour de Kerry à Lausanne nourrira de nouveau les spéculations autour du fait que les puissances mondiales représentées par le groupe des 5 + 1 – les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, Chine et l’Allemagne – sont en voie de conclure un accord préliminaire avec Téhéran, avant la date butoir du 31 mars.

Yuval Steinitz, le ministre israélien des Renseignements a déclaré lundi qu’un « mauvais accord » risquait d’être le résultat final des négociations sur le nucléaire et qu’Israël entreprenait un effort de dernière chance pour contrecarrer l’accord controversé à haut risque.

Steinitz, qui était en France pour des consultations sur l’accord émergent, a déclaré à l’agence Reuters qu’Israël ferait tout son possible pour empêcher tout accord avant que les pourparlers ne reprennent cette semaine.

« Nous estimons qu’il s’agit d’un accord mauvais et insuffisant », a déclaré le ministre avant de rencontrer les responsables français à Paris. « Il semble tout à fait probable que c’est ce qui se produira, malheureusement. »

Devant l’impossibilité de trouver un soutien auprès de ses alliés américains, Israël s’est tourné vers la France pour l’aider à contrecarrer ce qu’il considère comme un mauvais accord nucléaire avec l’Iran.

Paris a exprimé son scepticisme sur certains des termes de l’accord.

L’Iran et le groupe des six pays espèrent parvenir à un accord préliminaire à la fin mars, et à un accord final avant le 30 juin.

Le but de l’accord définitif est de fixer des limites au programme nucléaire de l’Iran en échange d’un assouplissement des sanctions économiques.

L’Iran prétend que son programme nucléaire poursuit des fins pacifiques. L’Occident craint qu’il pourrait permettre à l’Iran de construire une bombe atomique.