Le Bureau de presse du gouvernement annoncé dans un communiqué avoir décidé de révoquer la carte de presse d’un journaliste arabe israélien travaillant pour Al-Jazeera en raison de son soutien présumé à la « résistance palestinienne ».

Selon les médias, la décision de révoquer la carte de presse d’Elias Karam a été prise après un entretien accordé en mai 2016 à une chaîne de télévision liée aux Frères musulmans. Cette révocation est encore soumise à un entretien préalable avec le journaliste.

Pendant l’entretien, Karam, habitant de Nazareth âgé de 40 ans, a affirmé que le journalisme était une « partie intégrante de la résistance » contre l’ « occupation » israélienne de la Cisjordanie.

« Ces propos remettent en question la faculté de Karam, représentant d’un média étranger, à couvrir en tant que journaliste professionnel le conflit israélo-palestinien auquel il prend, selon ses propres dires, une part active », dit le GPO.

Israël a souvent accusé la chaîne qatarie de parti-pris dans sa couverture du conflit israélo-palestinien et d’incitation à la violence, menant à des attaques terroristes mortelles.

Le bureau de la chaîne qatarie Al-Jazeera à Jérusalem, le 31 juillet 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le bureau de la chaîne qatarie Al-Jazeera à Jérusalem, le 31 juillet 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Ce mois-ci, Israël a annoncé qu’il allait révoquer les accréditations des journalistes de la chaîne et couper sa diffusion câble et satellite. Cette sanction est la première mesure concrète annoncée contre un journaliste de la chaîne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit le 27 juillet qu’il voulait qu’Al-Jazeera soit expulsée, en pleine tension autour du mont du Temple.

Des députés arabes de la Liste arabe unie ont critiqué la décision en la qualifiant de « mesure ouvertement opposée à la liberté d’expression ».

Dans un communiqué, Ahmad Tibi et Osama Saadi ont indiqué que l’annonce faite par le bureau de presse du gouvernement concernant Elias Karam est « vindicative et anti-démocratique ».

« Cette décision doit être annulée, et Elias Karam et ses confrères journalistes doivent avoir le droit de travailler librement », ont déclaré Tibi et Saadi.

« Le gouvernement israélien, qui est responsable de la mort de journalistes palestiniens et qui leur refuse leur liberté, maintient une politique contre les journalistes arabes israéliens. »

Sollicité par l’AFP, le bureau d’Al Jazeera à Jérusalem a décliné tout commentaire.

L’AFP a contribué à cet article.