Israël a autorisé l’armée égyptienne à placer deux autres bataillons dans la péninsule du Sinaï, jeudi.

En plus des bataillons d’infanterie, les Egyptiens vont aussi positionner des hélicoptères dans cette zone, selon la radio militaire, qui précise que cette décision a été prise pour permettre à l’Egypte de combattre les éléments radicaux de la péninsule.

L’Egypte a augmenté le nombre de ses opérations dans le Sinaï depuis l’attaque sur des installations militaires le mois dernier perpétrée par l’organisation djihadiste locale, Ansar Bayt al-Maqdis, qui a tué 31 soldats. Suite à l’attaque, l’Egypte a fermé ses frontières avec la bande de Gaza et a entamé la construction d’une zone tampon dans la région.

Le traité de paix israélo-égyptien limite la présence militaire égyptienne au Sinaï mais Israël a donné sa bénédiction à l’Egypte pour qu’elle déploie plus de troupes depuis que l’Egypte a commencé à faire des efforts concertés l’année dernière pour freiner les groupes islamistes.

Le voisin du sud d’Israël tente de réprimer la violence dans la péninsule depuis que le président Abdel-Fatah el-Sissi a mené un coup d’état pour renverser le président de l’époque, Mohammed Morsi, qui était le premier élu démocratiquement en Egypte.

En juillet 2013, le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a autorisé l’Egypte à déployer deux bataillons d’infanterie dans la région du Sinaï, dans la zone d’el-Arish et de Rafah, ramenant la présence militaire égyptienne à un total d’onze bataillons d’infanterie, un bataillon de tank et des hélicoptères d’assaut.

Malgré une vaste campagne, les attaques contre les forces de sécurité égyptiennes ont persisté et se sont même étendues dans la capitale sous la forme d’attentat-suicides et de tentatives d’assassinat contre les fonctionnaires égyptiens.

Une femme a été blessée jeudi dans l’explosion d’une bombe à une centaine de mètres d’un palais présidentiel au Caire, ont indiqué des responsables de la sécurité, quelques heures après un attentat similaire qui a tué deux policiers et deux civils.

La femme « souffre de blessures superficielles, causées par l’explosion d’une bombe de fabrication artisanale », a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Hani Abdel Latif, précisant que l’explosion a eu lieu sous un pont.

L’attaque s’est produite dans un secteur où la présence policière est habituellement importante, a indiqué un haut responsable de la sécurité.

Le palais présidentiel près duquel a eu lieu l’explosion, dans le nord-est du Caire, n’est que rarement utilisé par le président Abdel Fattah al-Sissi, l’ex-chef de l’armée et architecte de la destitution de M. Morsi, dont les bureaux se trouvent dans un autre palais de la capitale.

Mercredi soir, une bombe a explosé dans le dernier wagon d’un train au nord du Caire, tuant sur le coup deux policiers qui procédaient à l’inspection de l’engin après que le train s’est arrêté dans une gare proche de la capitale. Deux autres victimes, des civils, ont succombé à leurs blessures après avoir été transportées à l’hôpital, selon des responsables de la sécurité.

Quelques heures plus tard, trois personnes ont été blessées lorsqu’une bombe a explosé dans le wagon d’un métro dans la capitale, ont indiqué des responsables de la sécurité.

Les attaques, d’abord cantonnées au nord de la péninsule du Sinaï, ont rapidement gagné le Delta du Nil et la capitale égyptienne, prenant pour cible dans leur quasi-totalité des soldats et des policiers.

Les djihadistes disent venger les partisans de M. Morsi, cible depuis sa destitution d’une sanglante répression qui a fait plus de 1 400 morts. Des centaines de pro-Morsi ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs et 15 000 autres ont été emprisonnés.

Le 22 octobre, une bombe a blessé neuf personnes, dont un haut responsable de la police, devant l’université du Caire. Cette action a été revendiquée par Ajnad Misr, un groupe ayant déjà tué plusieurs policiers dans des attentats à la bombe au Caire.

Un autre groupe a revendiqué la plupart des attaques spectaculaires qu’a connu le pays ces derniers mois. Il s’agit d’Ansar Beït al-Maqdess (« les partisans de Jérusalem », en Arabe), basé dans le nord du Sinaï, qui dit s’inspirer d’Al-Qaïda. Récemment, ce groupe a exprimé son soutien à l’organisation de l’Etat Islamique (EI), sévissant en Irak et en Syrie.

Fin octobre, un homme a lancé sa voiture bourrée d’explosifs sur un barrage militaire dans le nord de la péninsule du Sinaï, tuant 30 soldats dans l’attaque la plus meurtrière contre les forces de sécurité depuis la destitution de M. Morsi.

Avi Issacharoff et AFP ont contribué à cet article.