Israël commémore lundi la journée annuelle de l’expulsion des quelque 850 000 Juifs des pays arabes et d’Iran.

À la réunion hebdomadaire du cabinet de dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné l’instruction que l’on enseigne davantage le patrimoine des Juifs des pays arabes et d’Iran, et que l’on envisage la création d’un prix du Premier ministre pour la recherche universitaire sur la question.

Des centaines de milliers de Juifs ont été forcés de fuir les pays musulmans dans les années précédant 1948 et immédiatement après la création de l’Etat d’Israël.

Connue sous le nom collectif de Juifs Mizrahi, la communauté a accédé ces dernières années au pouvoir politique parallèlement à une reconnaissance accrue du statut de réfugiés de ses membres et de la célébration de leurs cultures.

La discussion du cabinet a précédé une discussion sur le sujet prévue pour mardi à l’ONU. La ministre pour l’égalité sociale Gila Gamliel (Likud) doit se rendre à New York pour prendre la parole lors de la session de l’ONU.

« Pendant des années, plus d’un million de Juifs ont vécu dans des communautés florissantes et ont eu une vie culturelle intense dans les pays arabes et en Iran », a déclaré dimanche Gamliel. « Notre objectif est maintenant de raconter leur histoire. »

Le nouveau billet de 200 shekels représente le poète Nathan Alterman né à Varsovie (Autorisation Banque centale d'Israël)

Le nouveau billet de 200 shekels représente le poète Nathan Alterman né à Varsovie (Autorisation Banque centale d’Israël)

Le ministre Aryeh Deri, qui dirige le parti ultra-orthodoxe séfarade Shas qui a fait campagne pour entrer à la Knesset en promettant de lutter contre des décennies de discrimination contre les Juifs d’origine séfarades, a exigé que les deux prochains billets émis par la Banque centrale d’Israël représentent des poètes des communautés juives orientales.

« Le gouvernement doit prendre une décision sur les billets de banque et commémorer les poètes issus de communautés orientales sur les nouveaux billets que la Banque d’Israël prévoit d’émettre. La commémoration du patrimoine des Juifs orientaux est toujours déficiente et les enfants d’Israël doivent étudier les poètes et écrivains des communautés orientales », a-t-il dit.

Sa déclaration a été faite moins de deux semaines après que la Banque centrale d’Israël ait dévoilé le nouveau billet de 200 Shekels. Le billet bleu représente le poète Nathan Alterman (1910-1970), un Juif ashkénaze né à Varsovie, en Pologne.

Une cérémonie qui se tiendra lundi au Stade Teddy à Jérusalem sera le principal événement de commémoration nationale.

La commémoration a été votée en 2014 et le Jour commémoratif a été officiellement célébré cette année-là pour la première fois.

La date, un jour après que l’ONU ait voté pour approuver le plan de partition judéo-arabe de la Palestine le 29 novembre 1947, a été choisie pour sa signification symbolique, évoquant la pression contre les Juifs pour quitter leur pays d’origine en raison de la colère des populations arabes locales à propos du vote.

Gila Gamliel (Crédit photo: Flash90)

Gila Gamliel (Crédit photo : Flash90)

Les Juifs des pays arabes et musulmans avaient commencé à affluer vers Israël avant la création de l’Etat moderne, mais le nombre de réfugiés a bondi après 1947.

Les communautés florissantes de l’ensemble du Moyen-Orient se sont vidées de leurs membres et dans de nombreux cas ont complètement disparu.

Aujourd’hui les Juifs d’origine orientale représentent plus de la moitié de la population d’Israël.

Le ministère des Affaires étrangères organisera des commémorations officielles par l’intermédiaire de ses représentations dans le monde entier afin d’accroître la prise de conscience internationale sur la question, en particulier sur les droits des réfugiés à percevoir une indemnisation pour les biens qu’ils ont laissés derrière eux.

Selon un article paru dans le journal en hébreu Israel Hayom, les cérémonies officielles organisées par les délégations israéliennes dans les différents pays chercheront à insister sur le fait que les quelque 850 000 Juifs qui ont fui la persécution dans les pays arabes du Moyen-Orient, l’Iran, la Turquie et l’Afrique, dépassent le nombre estimé des 700 000 Palestiniens qui ont fui leurs foyers dans ce qui est devenu l’Etat d’Israël en 1948.

Le ministère pour l’Egalité sociale documente depuis octobre 2009 les droits révoqués, les biens volés et patrimoinee perdus des communautés originaires de pays arabes et d’Iran, avant que la commémoration n’ait été votée.