Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a condamné jeudi la requête que la procureure générale de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda rouvre une enquête sur l’incident de raid Mavi Marmara en 2010, dans lequel neuf activistes turcs sont morts dans des affrontements avec l’armée israélienne sur un navire qui tentait de briser le blocus de Gaza.

Netanyahu a déclaré que les commandos de marine israéliens impliqués ont agi en légitime défense, dans une mission visant à maintenir un blocus naval soutenu par la communauté internationale. La décision des juges de la CPI a été «motivée par la politique cynique, » a-t-dit. Les soldats d’Israël, a-t-il ajouté, «continueront de garder Israël en sécurité », et Israël « continuera à les protéger dans l’arène internationale. »

« Au moment où Assad massacre ses propres citoyens en Syrie, qu’en Iran on condamne à mort des centaines de personnes et que dans la bande de Gaza, le Hamas utilise des enfants comme boucliers humains, la CPI choisit de s’occuper d’Israël pour des raisons politiques et cyniques », poursuit le communiqué.

«Contre cette hypocrisie nos soldats vont continuer à nous protéger sur le terrain et nous allons les défendre dans l’arène internationale, » at-il conclu.

Le ministre de la Défense Moshe Ya’alon a qualifié la décision d’hypocrite et scandaleuse.

Footage taken from a security camera aboard the Mavi Marmara, showing the activists preparing to resist IDF soldiers about to board the ship. (Photo by IDF Spokesperson / FLASH90)

Extrait d’une caméra de surveillance à bord du Mavi Marmara, montrant les passagers en train de se préparer à « resister » aux soldats de Tsahal (Crédit : IDF Spokesperson/Flash90)

La ministre adjointe des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely (Likud) a déclaré que les juges de la CPI qui ont deposé la requête avaient été mobilisés par l’ « incitation » palestinienne .

«Je ne comprends pas pourquoi la Cour pénale internationale déciderait d’ouvrir une enquête sur des soldats qui se sont défendus contre les attaques brutales par des terroristes à bord du Marmara, » a-t-elle dit dans un communiqué à la presse.

« Il y a des acteurs palestiniens qui essaient en permanence de monter les instances internationales contre Israël. J’espère que ces institutions seront en mesure d’identifier l’incitation et de ne pas y collaborer, » a-t-elle poursuivi.

Mme Bensouda avait été saisie de l’affaire par le gouvernement des Comores, Etat partie au Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, mais aussi celui auprès duquel était enregistré le Mavi Marmara, navire amiral de la flottille internationale humanitaire.

Huit militants pro-palestiniens turcs et un turco-américain avaient été tués et plusieurs autres ont été blessés lorsque des commandos israéliens avaient intercepté le 31 mai 2010 le bateau qui tentait de briser le blocus naval israélien.

L’armée israélienne a déclaré que ses soldats avait agi en légitime défense après avoir été attaqués avec des armes meurtrières. Plusieurs soldats ont été grièvement blessés dans l’affrontement.

La procureure Fatou Bensouda avait décidé début novembre de ne pas poursuivre Israël pour le raid tout en estimant « raisonnable de penser » que des crimes de guerre avaient été commis. Elle avait dit que tous les cas potentiels découlant d’une enquête sur l’incident n’étaient pas d’une «gravité suffisante» pour justifier la poursuite de l’action de la CPI.

La procureure de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda (Crédit : Andreas Rentz / Getty Images / via JTA)

La procureure de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda (Crédit : Andreas Rentz / Getty Images / via JTA)

Dans une réponse à l’époque, Israël avait critiqué « des phrases imprudentes » qui apparaissaient dans le rapport de la CPI de novembre, et l’omission de la mention de la «violence meurtrière, pré-planifiée et organisée » perpétrée par des militants à bord de la flottille, de sorte que les soldats de Tsahal avaient été obligés de se défendre.

En janvier, les Comores avaient demandé aux juges de la CPI de reexaminer la décision de Bensouda.

Dans un communiqué émis jeudi par la CPI , un panel de trois juges a déclaré que la procureure » a commis des erreurs matérielles dans sa détermination de la gravité potentielle de l’affaire. »

Bensouda, ont dit les juges, n’a pas pris en compte -au moment de déterminer la gravité de l’affaire- des événements qui se sont produits en dehors de la juridiction de la cour – notamment le traitement des prisonniers une fois qu’ils sont arrivés en Israël.

Les juges ont demandé à Bensouda de « reconsidérer sa décision de ne pas mener d’enquête, si elle conclut que la validité de la décision est sensiblement affectée par une erreur, que ce soit une erreur de procédure, une erreur de droit ou une erreur de fait. »

Cette décision a été prise par les juges Joyce Aluoch et Cuno Tarfusser. Le troisième juge, Péter Kovács, etait en minorité sur la requête.