Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman a dénoncé vendredi la violation des « règles diplomatiques » par la Turquie après de violentes manifestations anti-israéliennes dans ce pays contre les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza.

Avigdor Liberman « a donné comme instructions au ministère des Affaires étrangères de faire clairement savoir au gouvernement turc qu’Israël proteste fermement contre la violation flagrante des règles diplomatiques par les autorités et les forces de sécurité turques durant les manifestations qui ont lieu après les déclarations enflammées du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan », a affirmé le ministre dans un communiqué.

Avigdor Liberman a accusé les autorités turques de ne pas avoir pris les « mesures préventives nécessaires durant ces manifestations pour empêcher des incidents hostiles ».

Selon le ministre « des pierres ont été lancées, les fenêtres du consulat israélien ont été brisées et un drapeau palestinien accroché sur le mur de la maison de l’ambassadeur d’Israël à Ankara ».

Avigdor Liberman a ordonné que les familles des diplomates israéliens soient rapatriées en Israël et que le personnel diplomatique soit « réduit au minimum ».

Selon la radio publique, le ministère des Affaires étrangères a également recommandé aux Israéliens de n’effectuer en Turquie que des visites « nécessaires » et à faire preuve « de vigilance » lorsqu’ils se trouvent dans ce pays.

Un porte-parole de l’ambassade d’Israël à Ankara avait auparavant déjà annoncé la réduction du personnel diplomatique israélien en Turquie.

Des centaines de manifestants ont attaqué aux premières heures de vendredi le consulat général d’Israël dans le centre d’Istanbul, provoquant une intervention musclée des forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau.

La Turquie avait expulsé l’ambassadeur d’Israël en Turquie et rappelé le sien dans ce pays en 2011 après l’affaire du Mavi Marmara, un ferry turc qui tentait de briser le blocus israélien sur Gaza et qui avait été attaqué et arraisonné en mai 2010 par un commando israélien.

Dix militants turcs avaient été tués dans cette attaque qui avait provoqué une grave crise entre les deux pays, autrefois alliés régionaux.

Jeudi, M. Erdogan, qui entretient des liens étroits avec le Hamas qui contrôle Gaza, a qualifié les bombardements israéliens sur Gaza de « tentative de génocide systématique » des Palestiniens.

Vendredi, il a de nouveau attaqué Israël, mais également l’Égypte, pays avec lequel son gouvernement a rompu lorsque l’armée à évincé du pouvoir il y a un an le président islamiste Mohammed Morsi, soutenu par Ankara.

Il (le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi) n’est pas différent des autres (Israël). Sissi lui-même est un tyran », a lancé M. Erdogan, accusant l’administration égyptienne d’agir « ensemble » avec l’Etat hébreu contre le Hamas.

Les efforts en faveur d’une réconciliation entamés l’an dernier à la suite d’une médiation américaine entre Israël et la Turquie sont désormais au point mort, a indiqué M. Erdogan.