L’ambassade d’Israël à Londres a réagi vivement au vote symbolique de lundi à la Chambre des communes d’un vote exhortant le gouvernement à « reconnaître l’Etat de Palestine aux côtés de l’Etat d’Israël ».

« La route vers un Etat palestinien passe par la salle de négociations » dit la déclaration de l’ambassade. «La reconnaissance internationale prématurée envoie un message inquiétant aux dirigeants palestiniens qu’ils peuvent échapper aux choix difficiles que les deux parties ont à faire, et sape effectivement les chances de parvenir à une paix véritable. La reconnaissance d’un Etat palestinien doit être le résultat d’une conclusion réussie des négociations de paix directes entre Israël et l’Autorité palestinienne ».

La motion, peu susceptible de changer la politique du gouvernement, a été adoptée par 274 voix pour, 12 voix contre, et a été préconisée comme une « contribution à la sécurisation d’une solution négociée à deux Etats ».

Hanan Ashrawi, membre du Comité exécutif de l’OLP et ancienne ministre, a déclaré que le vote était « à la fois une décision de principe et un pas important vers la justice et la paix ».

« Notre droit à l’autodétermination n’a jamais dépendu de négociations », a-t-elle déclaré dans un communiqué publié par l’OLP. « La reconnaissance de la Palestine n’est pas subordonnée à l’issue des négociations avec Israël et n’est certainement pas quelque chose que nous allons négocier ; cette affirmation est non seulement injuste, mais aussi immorale ».

« Ce vote envoie le bon message au gouvernement britannique et au reste de Europe – il permettra de renforcer les voix européennes appelant à la reconnaissance de la Palestine et de créer un environnement propice dans la communauté internationale pour accorder au peuple palestinien la parité juridique et celle des droits ».

Deux évêques britanniques de premier plan impliqués dans les affaires étrangères, l’un anglican et l’autre catholique, ont salué le vote.

« Compte tenu des critères établis par le droit international et la légitimité universelle, et à la lumière de l’appui offert par l’Église chrétienne en Terre sainte, nous croyons que les Palestiniens devraient également avoir un Etat qu’ils puissent considérer comme leur maison, » dit la déclaration signée par l’Evêque Christopher Cocksworth, évêque de l’Église d’Angleterre en charge des Affaires étrangères, et l’évêque catholique Declan Lang, président de la Conférence des évêques pour les Affaires étrangères, selon Independent Catholic News.

« Cette reconnaissance de principe par notre Parlement facilitera plutôt qu’elle entravera les négociations qui s’ensuivront inévitablement entre Israéliens et Palestiniens afin de s’entendre sur les détails de ce nouvel Etat souverain ​​créé à côté d’un Israël en sécurité ».

Le débat à la Chambre des communes a pu être regardé partout dans le monde, après que la Suède ait provoqué la colère d’Israël ce mois-ci pour avoir fait savoir qu’elle reconnaissait la Palestine.

Alors que le débat a été lancé par un simple député, Grahame Morris, du Labour, le gouvernement n’est pas tenu de donner suite à ces résultats.

Au cours du débat, le ministre pour le Moyen-Orient Tobias Ellwood a déclaré qu’un Etat palestinien ne sera reconnu qu’au moment opportun.

« Les aspirations du peuple palestinien ne peuvent être pleinement réalisées que s’il y a une fin de l’occupation… et nous pensons que cela ne sera possible que grâce à des négociations » a déclaré Ellwood.

« Seule la fin de l’occupation permettra d’assurer que l’Etat palestinien devienne une réalité sur le terrain ». « Le Royaume-Uni reconnaîtra un Etat palestinien quand il jugera que cela peut amener la paix ».

Les membres du gouvernement, qui soutiennent une solution à deux Etats, ont affirmé qu’ils s’abstiendraient lors du vote, a fait savoir le porte-parole officiel du Premier ministre David Cameron.

Le député Morris, à l’origine de l’initiative, a affirmé que la Grande-Bretagne avait une « responsabilité morale » d’agir en raison de son histoire en tant que puissance coloniale dans la région.

« Il est vraiment clair que les relations israélo-palestiniennes sont dans l’impasse, comme l’est notre politique étrangère, » a expliqué Morris en ouvrant les débats.

« Ces deux impasses doivent être brisées. Nous entendons beaucoup de discours sur la solution à deux Etats, mais aujourd’hui, en validant les deux Etats, les membres auront la possibilité de traduire tous les principes en action ».

Avant le débat, une poignée de manifestants réunis sous une pluie battante à l’extérieur du Parlement avaient érigé une banderole géante qui disait : « Oui. Votez pour un Etat palestinien ».

« S’il y avait un Etat, l’agression pourrait s’arrêter et la guérison commencer » a déclaré l’un d’eux, Eddie Clarke.

L’Autorité palestinienne estime que 134 pays ont reconnu la Palestine comme un Etat, bien que le nombre soit contesté et que plusieurs de ces reconnaissances datent de l’ère soviétique et de pays qui sont maintenant dans l’Union européenne.

La Grande-Bretagne s’est abstenue en 2012 suite à un vote à l’ONU sur l’octroi aux Palestiniens du rang de statut d’Etat observateur, qui a été accordé en dépit des objections des États-Unis et d’Israël.