Israël a dénoncé vendredi comme une « exploitation cynique » du système judiciaire belge le fait que l’ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni aurait pu être interrogée dans une enquête pour crimes de guerre à Gaza lors d’une visite à Bruxelles.

La justice belge comptait entendre Mme Livni à l’occasion de sa venue lundi pour une conférence. Mais Mme Livni a annulé son déplacement.

« On comptait profiter de son passage pour tenter de faire avancer l’enquête » ouverte à la suite d’une plainte contre plusieurs responsables israéliens, a dit à l’AFP le porte-parole du parquet fédéral, Thierry Werts, confirmant des informations du quotidien Le Soir.

La police devait purement et simplement interpeller Mme Livni, dit le journal.

Tzipi Livni était censée prendre part à une conférence de leaders juifs à Bruxelles. Mais elle « a annulé trois ou quatre jours avant pour des raisons personnelles », a dit à l’AFP le porte-parole de l’association organisant la conférence, Yossi Lempkowicz.

Une porte-parole de Mme Livni n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Le porte-parole du ministère israélien Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a en revanche vivement réagi, dénonçant « une exploitation cynique du système judiciaire belge » et « un coup médiatique minable et dénué de tout fondement légal de la part d’une organisation anti-israélienne ».

Israël partage « avec la Belgique la volonté de faire rendre des comptes aux auteurs de crimes graves » mais attend « des autorités belges « qu’elles s’opposent à l’exploitation de ce principe », a-t-il ajouté.

Mme Livni, réputée comme l’une des femmes les plus influentes d’Israël, est visée -comme d’autres responsables civils et militaires israéliens de l’époque- par une plainte déposée en juin 2010 en Belgique pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés qui auraient été commis dans la bande de Gaza lors de l’opération « Plomb durci ».

Tzipi Livni, aujourd’hui députée et l’une des chefs de l’opposition, était alors ministre des Affaires étrangères.

L’offensive « Plomb durci » (27 décembre 2008-18 janvier 2009), qui avait pour objectif déclaré de neutraliser les tirs de roquettes palestiniennes contre Israël, a fait 1 400 morts palestiniens, dont des femmes et des enfants. Treize Israéliens, dont 3 civils, avaient été tués.

La justice belge a le droit d’interpeller sur son territoire un ou une suspecte, au nom de la compétence universelle dans les crimes de droit international, car il y a une victime belge.