Carmel Shama-Hacohen, ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, la branche culturelle des Nations unies, a déploré lundi les résultats du premier tour de l’élection du nouveau directeur exécutif de l’institution.

Hamad ben Abdoulaziz Al-Kawari, ancien ministre qatari de la Culture, a obtenu 19 des 58 votes, la diplomate égyptienne Moushira Khattab se place à la troisième place avec 11 votes, derrière l’ancienne ministre française de la Culture Audrey Azoulay.

Shama-Hacohen a dit au Times of Israël que ce vote était « une mauvaise nouvelle pour l’organisation et malheureusement, pour Israël aussi. »

Il a cependant souligné que « tout peut arriver » et que le premier tour n’indique pas nécessairement qui sera le vainqueur. Il a rappelé qu’Irina Bokova, l’actuelle directrice de l’UNESCO, n’avait remporté que sept voix au premier tour avant d’être finalement élue.

Audrey Azoulay, ministre française de la Culture, au Sénat, le 12 février 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube/Public Sénat)

Audrey Azoulay, ministre française de la Culture, au Sénat, le 12 février 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube/Public Sénat)

Les résultats du vote de lundi n’ont aucun impact direct sur le résultat final.

Les délégués vont continuer à voter tous les jours cette semaine, jusqu’à ce qu’un candidat reçoive une majorité de votes. Si, au quatrième tour, qui aura lieu jeudi, aucun candidat n’a obtenu cette majorité, seuls les deux candidats en tête de ce tour pourront participer au dernier tour vendredi.

Le mandat de Bokova a été entaché de difficultés financières et de tensions sur l’adhésion des Palestiniens.

Israël et son allié, les Etats-Unis, ont condamné l’UNESCO pour son parti-pris anti-Israël enraciné.

Des discussions diplomatiques houleuses ont également marqué la campagne des sept candidats à la direction générale de l’UNESCO. Les pays arabes veulent depuis longtemps diriger l’organisation, mais des divisions sur l’adhésion palestinienne et des candidatures multiples ont compliqué cette volonté.

L’UNESCO a vivement irrité Israël et les Etats-Unis en accordant une adhésion pleine et entière à la « Palestine » en 2011.

Les deux pays ont suspendu leurs financements après cette décision.

Le Tombeau des Patriarches à Hébron, en Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Le Tombeau des Patriarches à Hébron, en Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Récemment, l’institution internationale, basée à Paris, a ravi les Palestiniens en déclarant que la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie, était un site du patrimoine mondial en péril. Elle a aussi adopté plusieurs résolutions ignorant les relations du judaïsme à Jérusalem, s’attirant la fureur des responsables israéliens.

Israël a renforcé ses pressions diplomatiques au sein de l’institution ces dernières années, l’accusant d’adopter des résolutions partiales qui visent obsessivement Israël. Bokova a elle aussi critiqué les résolutions anti-Israël proposées par les pays arabes.