Le président Shimon Peres a accusé mercredi le Qatar de devenir « le plus grand bailleur de fonds du terrorisme dans le monde » en raison de son soutien financier au Hamas dans la bande de Gaza.

« Le Qatar n’a pas le droit d’envoyer de l’argent qui financera des roquettes qui sont tirées sur des civils innocents et des tunnels qui les abritent » a déclaré le président sortant au Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à Jérusalem. « Leur financement du terrorisme doit cesser. S’ils veulent construire, qu’ils le fassent, mais on ne doit pas les autoriser à détruire ».

Un porte-parole de Peres n’a pas voulu commenter l’information sur laquelle le président a fondé son accusation, mais l’ancien conseiller à la sécurité du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que le Qatar a été sans relâche le bailleur de fonds du Hamas…

Le Qatar a récemment tenté de transférer des fonds pour les salaires des fonctionnaires du Hamas dans la bande de Gaza, suite à la formation d’un gouvernement palestinien d’union nationale, mais a été bloqué par les Etats-Unis, qui a fait pression sur la Banque arabe pour ne pas les traiter. Mais l’ancien conseiller à la sécurité nationale, le général Yaakov Amidror a déclaré au Times of Israel que le financement de l’émirat pour l’appareil terroriste de l’organisation, y compris le creusement de tunnels et les lance-roquettes, s’est poursuivi sans relâche.

« Le Hamas dispose actuellement de deux « amis fidèles » dans le monde : le Qatar et la Turquie », a déclaré Amidror. Le petit Etat du Golfe est actuellement le plus proche allié du Hamas dans le monde arabe, après que les relations du mouvement avec l’Egypte se soient détériorées suite à l’éviction du président Mohamed Morsi (appartenant aux Frères musulmans) en juin 2013. Le Qatar, qui a investi des centaines de millions de dollars dans des projets de reconstruction et d’infrastructures dans Gaza, est également le foyer du chef politique du mouvement Khaled Meshaal à Doha.

« Le seul véritable appui de cette organisation au niveau financier, c’est le Qatar », a déclaré Amidror.

Le Qatar n’est pas seulement accusé de canaliser des fonds pour le Hamas. Israël et l’Egypte l’accusent également d’avoir bloqué les efforts de l’Egypte pour négocier un cessez-le-feu à Gaza. Le 17 juillet, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri a affirmé que le Qatar et la Turquie ont sapé l’initiative égyptienne de cessez-le-feu, une position partagée par le ministre des Affaires étrangères israélien Avigdor Liberman.

Comme indiqué dans ces pages, le Qatar a élaboré son propre plan de cessez-le-feu la semaine dernière, un plan qui reprenait la plupart des demandes du Hamas. Le plan, mis par écrit avant le début de l’offensive israélienne, aurait été présenté à des responsables occidentaux et au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Le Hamas a nié l’existence de tout plan de cessez-le-feu autre que celui mis en avant par l’Egypte.

Une source occidentale proche du régime qatari, parlant au Times of Israel sous couvert d’anonymat, a nié que le Qatar ait bloqué l’initiative égyptienne.

« Le Qatar ne bloque rien, il réalise simplement qu’un cessez-le-feu doit prendre en compte le Hamas », a déclaré la source. « Vous ne pouvez pas avoir un cessez-le-feu convenu entre Israël, l’Egypte et le Fatah alors que l’autorité réelle sur le terrain n’a pas son mot à dire. La seule solution est d’utiliser l’effet de levier du Qatar sur le Hamas pour arriver à une initiative sur laquelle toutes les parties pourraient s’entendre ».

Toutefois, le projet de cessez-le-feu présenté à Abbas au Qatar le week-end dernier « portait sur lui l’écriture du Hamas », a reconnu la source, même si le Qatar affirme sa neutralité en tant que médiateur. « Le Qatar a clairement un parti-pris en faveur du Hamas et contre le Fatah ».

« Les communautés internationales et arabes veulent une solution entre l’OLP et Israël, mais le Qatar veut voir un cessez-le feu conclu entre le Hamas et Israël, sans la participation de l’OLP,» affirme-t-il.

Un autre aspect de l’influence destructrice du Qatar, estime Israël, est l’influence de la chaîne Al-Jazira. Le ministre de la Communication Gilad Erdan a demandé cette semaine que la chaîne Al-Jazeera ne soit plus diffusée sur le câble israélien en raison de son « incitation extrêmement grave contre l’Etat d’Israël ainsi que son soutien enthousiaste pour le Hamas et ses actions terroristes ».

Avigdor Liberman a déclaré que son ministère examinait la possibilité de fermer les bureaux d’Al-Jazeera en Israël, a signalé le site israélien Walla.

Mardi, la chaîne a évacué le personnel de son bureau de Gaza après avoir essuyé des tirs qui proviendraient, selon eux, de l’armée israélienne. S’exprimant à la radio militaire israélienne, le chef du bureau de Jérusalem de la chaîne, Walid Al-Omari, a accusé les ministres israéliens d’incitation contre sa chaîne et de placer ses équipes de télévision dans une situation de risque physique.