La première bonne nouvelle du matin est que, d’après l’opération que l’armée a appelé « Bordure protectrice », le Hamas n’a pas tiré de roquettes vers la région du Gush Dan dans le centre d’Israël et qu’il contrôle fermement ses tirs.

La combinaison entre les tirs massifs de roquettes sur Israël lundi, qui ont atterri jusqu’à 40 km à l’intérieur du territoire mais pas plus loin, les unes des journaux télévisés israéliens et des conversations que l’on peut entendre aux repas festifs d’Iftar qui clôturent le jeûne, reviennent à dire que le message que le Hamas envoie à Israël est le suivant : il ne veut pas que l’escalade aille plus loin.

A Jérusalem et à Tel Aviv, personne ne veut d’une offensive terrestre qui pourrait provoquer l’effondrement du Hamas, et la plupart des attaques de la nuit de lundi visaient des espaces ouverts ou des maisons qu’Israël croyait être inhabitées.

La terrible nouvelle du mardi matin n’affecte réellement que les habitants du Sud.

Tant que le Hamas n’attaque pas le centre d’Israël, le Hamas et Israël ne vont pas se précipiter pour mettre fin aux combats qui sévissent actuellement. Le Hamas ne veut probablement pas d’une escalade, mais il reste extrêmement clair sur le fait qu’il n’arrêtera pas les tirs de roquettes tant que ses demandes ne seront pas acceptées : la réouverture du passage de Rafah vers l’Egypte, le transfert des salaires des fonctionnaires du Hamas, la remise en liberté des prisonniers de l’accord Shalit qui ont été de nouveau arrêtés après l’enlèvement et le meurtre des trois adolescents israéliens et le retour aux conditions du cessez-le-feu de novembre 2012.

Israël, pour sa part, avance lentement et avec précaution, comme si le Hamas tirait sur les résidents d’un autre pays – le pays au sud de la région du Gush Dan.

Il y a le sentiment que l’armée israélienne ne lancera pas les combats et n’enverra pas les forces terrestres, tant que les attaques restent limitées aux communautés situées autour de la bande de Gaza, peut-être aussi loin qu’Ashdod ou Beer Sheva.

Par conséquent, le plus grand danger pour les résidents du sud et la population de Gaza est que nous pourrions nous retrouver dans une sorte de guerre d’usure que les dirigeants d’Israël et ceux de la bande de Gaza ne seraient pas pressés de voir finir. (La guerre d’usure entre Israël et l’Egypte a duré de 1968 à 1970 et a été un conflit sanglant qui n’a mené à rien et qui s’est prolongé avec des combats statiques le long de la frontière sud.)

Le début de l’opération « Bordure protectrice » et la façon dont elle a été menée au cours des premières heures illustrent les différences fondamentales par rapport à la gestion de l’opération Pilier de défense de 2012, qui a commencé avec l’assassinat d’Ahmad al-Jabari, ou de l’opération Plomb durci en 2008-2009, avec l’attaque de la formation des policiers du Hamas.

La différence est en grande partie due au fait que cette fois Israël a été entraîné dans la dernière escalade de la violence et ne l’a pas déclenché.

Mais le problème avec le fait d’avancer avec précaution, c’est que cela montre à l’autre côté, dans la bande de Gaza, qu’Israël est très réticent à aller au devant des combats.

En attendant, le Hamas continue de se préparer à la prochaine étape de la lutte : des tirs de roquettes à longue portée sur Jérusalem et Tel Aviv combinés à des attaques terroristes à l’intérieur du territoire israélien en utilisant les tunnels.

L’organisation se retient pour le moment de lancer des roquettes vers la région du Gush Dan, hypothétiquement car il existe un certain nombre de mesures que les deux parties auraient à prendre en premier. On peut imaginer que si Israël tue, ou tente de tuer l’un des dirigeants du Hamas, ou blesse un grand nombre de personnes, les sirènes d’alerte rouge se feront entendre aussi dans le centre du pays.