Paul Margolis aime voir le monde en noir et blanc. Au moins en ce qui concerne les photos qu’il prend avec ses vieux appareils télémétriques Leica.

À une époque où la photographie numérique a progressé à pas de géant, ce photographe new-yorkais est resté attaché à cette façon traditionnelle de capturer des moments fugitifs et de les préserver.

Margolis était en Israël pour deux semaines de prise de vue d’images qu’il envisage d’inclure, dans l’année à venir, dans ses expositions dans des centres communautaires juifs et autres lieux aux États-Unis. En itinérance dans les rues et ruelles de Jérusalem, Haïfa, Tel-Aviv et Beer Sheva à la recherche de sujets pertinents.

Il prévoyait de sortir des sentiers battus pour visiter la ville bédouine de Rahat, le kibboutz Urim près de la frontière de Gaza, et le marché mixte judéo-arabe dans le centre ville de Ramlé.

« Je me sers d’un appareil photo numérique pour mon travail en tant que photographe pour une agence de développement de la ville de New York, mais mon premier amour reste la photographie documentaire en noir et blanc, » explique Margolis au Times of Israel alors qu’il était sur le point de commencer une séance de prise de vue au marché de Mahane Yehuda à Jérusalem.

« J’aime le continuum historique remontant aux 170 années que représente la pellicule. Le film pour moi est quelque chose de réel. L’idée de faire des images avec des zéros et des uns n’est tout simplement pas aussi réelle. »

Margolis, 62 ans, pense aussi que ses photos imprimées en noir et blanc ont une durée de vie plus longue que des archives d’images numériques.

« Un film traité correctement durera 200 à 300 ans, » assure-t-il. « Bonne chance pour une image réalisée depuis un CD ou un DVD dans 50 ans, lorsque la technologie aura progressé au-delà de tout ce que nous connaissons aujourd’hui. »

Margolis a commencé son projet de photographier la vie quotidienne en Israël il y a exactement un an au cours d’une visite. Il n’est pas revenu dans le pays depuis 1985, un voyage qui avait suivi une expérience d’alyah de courte durée, en 1978-1979.

« Israël est devenu un pays réellement moderne dans les années qui ont suivi, » explique-t-il.

Inspiré par les photographes de rue de renom tels qu’Henri Cartier-Bresson et Garry Winogrand, ainsi que par des photographes documentaires comme Walker Evans et Berenice Abbott, l’autodidacte Margolis concentre son objectif principalement sur ​​les personnes qui se déplacent dans ​​leur vie quotidienne, en particulier dans des environnements de foules.

Paul Margolis en plein shooting au marché Mahane Yehuda à Jerusalem le 21 octobre 2014 (Crédit : Renee Ghert-Zand)

Paul Margolis en plein shooting au marché Mahane Yehuda à Jerusalem le 21 octobre 2014 (Crédit : Renee Ghert-Zand)

Margolis n’a jamais pensé qu’il gagnerait un jour sa vie avec son appareil photo. « Mon appareil photo est un passeport dans des domaines dans lesquels je n’aurais jamais pu rentrer. C’est un passeport dans des domaines où je n’ai pas d’autorisation, » affirme-t-il.

Son Leica a été pour lui l’occasion d’exprimer son style visuel personnel, qu’il qualifie de « combinaison de nostalgie et d’absurdité ». Il est dépouillé de couleur et se concentre sur les angles, sur ​​les lignes et sur les visages des gens.

C’est un style qui, d’après lui, est bien adapté pour capturer des moments de vie dans l’Israël du 21ème siècle.

« L’idée d’utiliser un ancien équipement dans une terre ancienne est finalement très moderne… »