Israël enterre lundi les quatre soldats tués dans l’une des attaques les plus meurtrières des derniers mois, qui a également fait 16 blessés dimanche à Jérusalem.

Trois soldates et un soldat sont morts sous les roues du véhicule: Shira Tzur et Yaël Yekutiel, 20 ans, Shir Hajaj, 22 ans, et Erez Orbach, 20 ans. Seize autres ont été blessés. Fadi al-Qunbar a été abattu sur place.

Les soldats sont les premiers Israéliens tués depuis le 9 octobre dans une succession d’attaques palestiniennes qui, quasiment quotidiennes pendant des mois, se sont espacées en 2016, selon une liste officielle israélienne.

Israël s’apprêtait lundi à de nouvelles funérailles déchirantes, à commencer par celles d’Erez Orbach en fin de matinée.

Orbach, qui habitait à Alon Shvut dans le Gush Etzion, bloc d’implantations du sud de Jérusalem, avait été exempté de service militaire pour des raisons de santé, mais s’était battu pour avoir l’opportunité d’être volontaire, et était en formation à l’école d’officiers de l’armée israélienne quand il a été assassiné.

Il possédait également la nationalité américaine en tant qu’enfant d’un Américain, a annoncé l’ambassade des Etats-Unis en Israël. Des responsables consulaires ont contacté sa famille.

L’année dernière, pendant une cérémonie d’hommage aux soldats volontaires, Orbach avait déclaré, au sujet de sa décision d’être volontaire malgré des problèmes de santé, qu’il ne s’était jamais vu « comme différent des autres, ou ayant plus de droits », et que son « long périple [pour servir dans l’armée] avait payé », selon les médias israéliens.

Son grand-père, Moshe Orbach, a déclaré à la radio militaire avant les funérailles que même si sa demande de service volontaire avait été rejeté de nombreuses fois, Orbach avait continué à « se battre pour être enrôlé dans l’armée », et avait déclaré que c’était son devoir de servir.

Funérailles du lieutenant Shir Hajaj, 22 ans, tuée pendant une attaque terroriste au camion bélier à Jérusalem le 8 janvier, au cimetière militaire du mont Herzl de la capitale, le 9 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Funérailles du lieutenant Shir Hajaj, 22 ans, tuée pendant une attaque terroriste au camion bélier à Jérusalem le 8 janvier, au cimetière militaire du mont Herzl de la capitale, le 9 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

« Ma chérie, ma vie, parle-moi s’il te plaît » : tel est selon la presse le dernier message envoyé sur le téléphone de Shir Hajaj par sa mère alarmée.

Des centaines de personnes ont assisté lundi aux funérailles de Shir Hajaj au cimetière militaire du mont Herzl de la capitale.

« Quelle beauté Dieu nous a donnée. Comme nous étions fiers de toi. Notre Shir. Pourquoi méritons-nous cela ? Pourquoi ? Qu’allons-nous faire sans toi ? », a demandé Meirav, la mère de Hajaj, pendant la cérémonie.

« On pensait que tu ferais la une des journaux pour un prix ou une invention. Mais, à la place aujourd’hui, dans les journaux, il y avait une bougie du souvenir pour toi », a dit auprès de sa tombe l’une de ses sœurs en faisant référence au rituel juif consistant à allumer une bougie à la mémoire des morts.

Des centaines de soldats de l’unité d’Hajaj, les Renseignements militaires, ont assisté aux funérailles, ainsi que des habitants de sa ville natale de Maale Adumim, des camarades de classes, le rabbin Shlomo Amar, les députés Moti Yogev et Omer Bar-Lev, le maire de Jérusalem Nir Barkat, et le président du conseil régional de Maale Adumim, a annoncé la Deuxième chaîne.

Le commandant de son département, le lieutenant colonel Asaf Weiss, a rappelé qu’Hajaj était déterminée à poursuivre infatigablement son objectif d’être acceptée dans la réserve académique, obtenant un diplôme universitaire dans le cadre de son service militaire.

Après avoir manqué un entretien en raison d’un voyage à l’étranger, Hajaj a harcelé l’armée jusqu’à ce qu’elle obtienne un entretien de remplacement, et, à la fin, a terminé dans les premiers candidats du programme, a déclaré Weiss.

« Elle laissera derrière elle un trou qui ne se refermera jamais », a-t-il ajouté.

Funérailles du lieutenant Shir Hajaj, 22 ans, tuée pendant une attaque terroriste au camion bélier à Jérusalem le 8 janvier, au cimetière militaire du mont Herzl de la capitale, le 9 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Funérailles du lieutenant Shir Hajaj, 22 ans, tuée pendant une attaque terroriste au camion bélier à Jérusalem le 8 janvier, au cimetière militaire du mont Herzl de la capitale, le 9 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)