La Jordanie et Israël, liés par un traité de paix, ont signé jeudi à Amman un accord destiné à lutter contre la pénurie d’eau dans la région par un pompage de la mer Rouge vers la mer Morte.

Selon l’agence officielle jordanienne Petra, l’accord porte sur « l’exécution de la première partie » d’une lettre d’intention conclue en décembre 2013 à Washington entre des représentants d’Israël, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne pour tenter de sauver la mer Morte.

Il s’agit de construire un système de pompage dans le golfe d’Aqaba, à la pointe nord de la mer Rouge, afin de collecter quelque 300 millions de m3 d’eau par an.

Une partie doit être acheminée par l’intermédiaire de quatre conduits vers la mer Morte, une mer fermée ayant une très haute concentration en sel et qui risque de s’assécher d’ici 2050.

Une autre partie doit être dessalée, et distribuée en Israël et en Jordanie afin de répondre à la pénurie d’eau qui frappe la région.

Le projet prévoit de fournir aux Palestiniens 30 millions de m3 d’eau dessalée par an.

« La Jordanie va commencer dans les prochaines semaines à préparer les documents en vue de lancer un appel d’offres » pour ces travaux, a déclaré le ministre jordanien de l’Eau Hazem Nasser, cité par Petra. Il a conclu cet accord avec le ministre israélien de la Coopération régionale Silvan Shalom, en présence de représentants des Etats Unis et de la Banque mondiale.

Pour M. Shalom, qui est également ministre du Développement des ressources naturelles, il s’agit du « plus important projet depuis la conclusion du traité de paix avec la Jordanie » en 1994.

« Il couronne une coopération constructive entre Israël et la Jordanie, qui aidera à réhabiliter la mer Morte et à fournir des solutions au problème de l’eau en Jordanie » et dans le sud d’Israël, a-t-il dit selon un communiqué de son ministère.

Partenaire de l’opération, la Banque mondiale a publié en 2012 une étude penchant vers la faisabilité du projet, mais plusieurs organisations de défense de l’environnement ont déjà mis en garde contre les possibles effets néfastes de l’arrivée d’eau de la mer Rouge sur le fragile écosystème de la mer Morte.

Dans un communiqué, l’institution a estimé que le lancement du projet, « sous le contrôle des scientifiques », devrait permettre de mieux comprendre les conséquence d’un mélange des eaux de la Mer Rouge avec celles de la Mer morte.