Israël et l’Arabie saoudite seraient en négociations pour forger des relations économiques officielles, a indiqué samedi le Times londonien, citant des sources américaines et arabes.

Selon l’article paru dans le quotidien britannique, Jérusalem et Ryad chercheraient à développer des relations par étapes, en commençant potentiellement par permettre aux entreprises israéliennes d’ouvrir des boutiques au sein de la nation arabe ou en donnant à la compagnie aérienne israélienne El Al l’autorisation d’utiliser l’espace aérien saoudien lors de ses vols.

Des responsables proches de l’Arabie saoudite ont démenti ces informations, affirmant qu’il ne s’agissait que de « pensée magique » de la part de l’administration Trump.

Diverses informations ont fait état de pourparlers secrets entre Israël et les puissances arabes, qui en seraient venues à considérer l’Etat juif comme un allié possible contre ce qu’ils considèrent comme de plus grandes menaces, l’Iran et l’extrémisme islamiste.

Les responsables saoudiens ont organisé certaines réunions publiques avec de hauts responsables israéliens, et un ancien général saoudien est venu visiter Jérusalem, rencontrant des responsables et des politiciens.

L'ancien général, le Dr Anwar Eshki (au centre avec une cravate rayée), et d'autres membres de la délégation saoudienne ont rencontré des députés et des responsables israéliens au cours d'une visite en Israël, le 22 juillet 2016. (Crédit : Twitter)

L’ancien général, le Dr Anwar Eshki (au centre avec une cravate rayée), et d’autres membres de la délégation saoudienne ont rencontré des députés et des responsables israéliens au cours d’une visite en Israël, le 22 juillet 2016. (Crédit : Twitter)

Israël espère un processus de paix régional qui permettrait aux états arabes de dégeler partiellement leurs relations avec l’Etat juif, une initiative qui permettrait de faire avancer la paix avec les Palestiniens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prôné une approche « inverse », qui verrait la normalisation des relations entre Israël et les états arabes modérés comme moyen de promotion de la paix.

Les dirigeants palestiniens, pour leur part, insistent sur la formule soumise en 2002 lors de l’Initiative de paix saoudienne, qui envisage un traité de paix entre Israéliens et Palestiniens comme un prérequis à la normalisation des relations de l’Etat juif avec tout le monde arabe et musulman.

Le président américain Donald Trump a semblé soutenir une approche de paix régionale, disant qu’il désirait poursuivre « un accord bien plus important » qui inclurait de « nombreux, nombreux pays ».

On avait appris en début d’année que Netanyahu avait rejeté l’année dernière un plan de paix régionale pour la reprise des négociations vers une solution à deux états et la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, John Kerry, alors secrétaire d'Etat américain, à gauche, et le roi Abdallah II de Jordanie, à Amman, le 13 novembre 2014. (Crédit : Yousef Allan/Ho/Palais royal de Jordanie/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, John Kerry, alors secrétaire d’Etat américain, à gauche, et le roi Abdallah II de Jordanie, à Amman, le 13 novembre 2014. (Crédit : Yousef Allan/Ho/Palais royal de Jordanie/AFP)

La proposition avait été le résultat de mois de négociations dirigées par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, pourparlers qui avaient connu leur apogée lors d’une réunion secrète organisée le 21 février 2016 entre Netanyahu, Kerry, le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi et le roi Abdallah II de Jordanie.

Le chef de l’opposition Isaac Herzog avait rejoint une deuxième rencontre secrète entre Netanyahu et Sissi au Caire, au mois d’avril de la même année.

Herzog a indiqué à Haaretz lundi que les réunions auraient pu mener à un accord qui « aurait changé le visage du Moyen Orient », mais qu’il avait été torpillé au dernier moment par les partisans de la ligne dure du Likud, parti de Netanyahu.