Israël et le Royaume-Uni doivent signer au plus vite un accord de libre-échange – étude
Rechercher

Israël et le Royaume-Uni doivent signer au plus vite un accord de libre-échange – étude

Les relations commerciales israélo-britanniques pourraient être impactées par le Brexit, à moins que des accords, notamment en agriculture, en pharmaceutique et en aviation ne soient établis

Vue générale de Big Ben et des Chambres du Parlement à Londres (Crédit : : Yossi Zamir/Flash90)
Vue générale de Big Ben et des Chambres du Parlement à Londres (Crédit : : Yossi Zamir/Flash90)

Selon un rapport du centre de recherche Britain Israel Communications & Research Centre (BICOM), Israël et le Royaume-Uni devraient instaurer un accord de libre-échange bilatéral. Le think-tank affirme avoir trouvé un « consensus » auprès des responsables des deux partis sur la question.

Le Royaume-Uni a annoncé sa volonté de Union douanière de l’Union européenne dans le cadre du Brexit, le processus enclenché pour se retirer de l’Union européenne, et devra donc s’atteler à remplacer les accords commerciaux avec ses partenaires non-européens qui étaient jusque là couverts par l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne.

Israël et l’Union européenne ont signé, en 2000, l’accord d’association euro-israélien, qui garanti la libre circulation des capitaux, une certaine libéralisation du commerce et des services, et une coopération socio-économique. Certains composants de la relation commerciale entre le Royaume-Uni et Israël opèrent actuellement dans le cadre de cet accord. Avec la sortie de l’Union européenne, cet accord devra être remplacé.

« Il y a un potentiel exceptionnel pour la croissance dans le commerce bilatéral et l’investissement notamment dans l’exportation britannique vers le marché israélien, mais cela sera impacté si aucun arrangement n’est fait pour garantir la poursuite des termes commerciaux actuellement prévus par l’accord d’association euro-israélien », indique le rapport.

La délégation d’entrepreneurs israéliens de l’UK Israel Tech Hub, au bureau du Premier ministre à Londres, en mai 2016. (Crédit : ambassade britannique en Israël)

L’agriculture, l’industrie pharmaceutique et l’aviations sont couverts par les accords euro-israéliens, et des nouveaux accords s’imposeront après le Brexit. Les secteurs de la technologie, qui connaissance une croissance exponentielle dans les relations israélo-britanniques, sont plus bilatéraux et ne concerne pas vraiment l’Union européenne, ce qui facilite le défi posé, poursuit le rapport.

Israël et le Royaume-Uni ont établi une coopération basée sur la coopération technologique en 2012, le UK-Israel Tech Hub, qui a créé, selon le rapport, plus de 80 partenariats entre les deux pays.

Ce rapport est le premier à évaluer l’impact du Brexit sur les relations commerciales entre le Royaume-Uni et Israël, et les retombées plus larges pour le commerce britannique avec les pays du monde, a fait remarquer BICOM dans un communiqué mercredi.

La publication détaille, secteur par secteur, l’analyse de l’impact potentiel du Brexit sur les relations commerciales, et comprend des interviews complexes avec des responsables, des diplomates, des avocats et des hommes d’affaires du Royaume-Uni et d’Israël, a précisé BICOM.

Ils ont établi les données suivantes.

  • Au cours des 12 mois qui ont suivi le référendum, le nombre de sociétés israéliennes qui se sont implantées au Royaume-Uni a augmenté de 28 % par rapport aux 12 mois précédents.
  • L’investissement a augmenté de 35,5 %, et le nombre d’emplois créés au Royaume-Uni par des sociétés israéliennes a augmenté de 12,8 %.
  • Le Royaume-Uni est toujours la première destination pour les investissements étrangers directs en Europe. Vingt-huit sociétés israéliennes sous cotées à la bourse britannique, avec une capitalisation boursière de 17,6 milliards d’euros. Ces chiffres indiquent que le Brexit, et la sortie de l’Union européenne pour le Royaume-Uni est, du point de vue des sociétés israéliennes, une opportunité certaine, et reflète l’attractivité sous-jacente du Royaume-Uni pour les Israël. Selon le rapport, cette attractivité est basée sur la langue, la culture et l’accès au financement.
  • Les commerces israéliens qui opèrent au Royaume-Uni dans le domaine du high-tech, de la technologie financières, de la publicité et du gaming ne sont pas concernées par le Brexit et ses conséquences, et continuent à être attirées par le commerce au Royaume-Uni. Pourtant, l’attractivité du Royaume-Uni pour les firmes israéliennes après le Brexit dépendra de la position que Londres occupera dans le monde. Une phase d’incertitude prolongée, et des inquiétudes quand au futur des exigences réglementaires, entre autres, pourraient conduire certaines sociétés à repenser leur implantation au Royaume-Uni, montré l’étude.
  • Les compagnies britanniques ne parviennent pas à tirer parti des opportunités d’investissements en Israël. Seules cinq sociétés britanniques ont ouvert des centres d’innovation ou acquis des sociétés israéliennes depuis 2014, ce qui est bien inférieurs aux chiffres que l’on peut observer chez les sociétés américaines, chinoises et canadiennes, analyse le rapport.
  • Les services de santé britanniques (NHS) achètent un médicament sur sept à l’industrie pharmaceutique israélienne. Des experts interrogés pour ce rapport ont mis en garde sur le fait qu’un nouvel accord commercial entre le Royaume-Uni et Israël doit exclure les frais de douane sur les médicaments, pour éviter une augmentation significative de la facture de médicaments pour le NHS.
  • Les produits agricoles représentent une part importante de l’importation britannique depuis Israël. En 2016, l’importation de pommes de terre s’élevait à 25 millions de dollars, l’importation d’avocats à 8 millions, et 25 millions pour les dates. Un accord de libre-échange entre Israël et le Royaume-Uni permettrait d’importer en plus grande quantité d’Israël, à accroitre la concurrence avec les producteurs étrangers, et à faire baisser les prix de l’alimentation pour les consommateurs britanniques.

« C’est une bonne nouvelle que les responsables israéliens et britanniques soient enclins à parvenir un accord de libre-échange dès que possible », a déclaré James Sorene, PDG de BICOM.

En 2011, un livre blanc publié par le gouvernement britannique identifiait Israël comme une priorité commerciale pour le Royaume-Uni d’après-Brexit, en raison des potentielles synergies entre l’expertise d’Israël en termes d’innovation, et les forces du Royaume-Uni en design, en croissance des entreprises et en finance, ainsi que grâce à la puissance technologique et scientifique au Royaume-Uni.

Cependant, en réaliser l’opportunité imposer de préparer de nouveaux accords bilatéraux ou des arrangements transitoires, analyse le rapport.

En ce qui concerne la politique étrangère et la défense, le Royaume-Uni et Israël continuerons à partager « une perspective stratégique large de politique étrangère et de défense, et auront davantage en commun après le Brexit, en tant que puissances importantes hors-Union européenne, qui y sont bien intégrées et n’ont pourtant aucune aspiration d’y adhérer », indique le rapport.

« Cependant, la voix du Royaume-Uni pourrait manquer à Israël dans les délibérations sur la question israélo-palestinienne au Conseil de l’Europe. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...