Une semaine après que l’Egypte a promis d’affecter à nouveau un ambassadeur en Israël – mettant fin à une interruption de trois ans -, des diplomates de premier plan des deux États se sont rencontrés dimanche au Caire pour discuter de l’impasse sur le front palestinien et des questions de sécurité auxquelles fait face la région.

Bien que les détails de l’entretien n’aient pas été rendus publics, le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré qu’il était « satisfait » de l’issue des discussions et que les deux pays « partagent un même point de vue » sur un certain nombre de questions, a rapporté le site d’information NRG.

Les diplomates israéliens ont déclaré être satisfaits par la volonté du Caire de maintenir une position ferme envers le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, en dépit de récentes informations faisant état d’un assouplissement des restrictions envers l’enclave palestinienne.

Le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold, et les diplomates égyptiens ont travaillé sur des sujets comme le programme nucléaire de l’Iran, la montée du fondamentalisme islamique au Moyen-Orient, la politique étrangère du Caire envers le Hamas et la relance éventuelle des pourparlers de paix avec les Palestiniens – c’est le premier sommet de ce genre entre les deux pays depuis quatre ans.

Le vice-ministre égyptien des Affaires étrangères, Osama al-Majdoub, a fait très clairement savoir à Gold que le Caire considérait l’impasse palestinienne comme « le cœur du conflit dans la région », et a souligné l’importance de la reprise des négociations à haut niveau entre Jérusalem et Ramallah, a déclaré le ministère égyptien des Affaires étrangères, selon l’agence Reuters.

« C’est le problème central des Arabes, et sa résolution est une condition essentielle pour atteindre la stabilité dans la région », a affirmé al-Majdoub.

Il a affirmé que la position de l’Egypte sur la question palestinienne restait « inchangée » et que des actions en faveur du processus de paix étaient « une priorité de l’ordre du jour » des discussions.

Les responsables israéliens ont noté que les récentes informations sur le retrait par l’Egypte du Hamas de la liste des organisations terroristes reflétaient une « tactique » plutôt qu’un changement dans la stratégie globale, et que les vues du Caire sur les développements régionaux étaient plus proches que prévu de celles d’Israël.

« En Israël, [nous] parlons hébreu, en Egypte [vous] parlez l’arabe, mais en discutant des défis régionaux, les deux pays parlent la même langue », a décalré Gold dit à ses hôtes égyptiens, selon NRG.

Hazem Khairat (Capture d'écran: YouTube)

Hazem Khairat (Capture d’écran: YouTube)

Les relations officielles entre Jérusalem et Le Caire ont été relativement cordiales depuis que le président Abdel Fattah el-Sissi a accédé au pouvoir. La semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu « a salué profondément » la nomination par l’Egypte de son nouvel ambassadeur en Israël, Hazem Khairat.

Le dernier ambassadeur du Caire en Israël, Atef Salem, est arrivé dans l’Etat juif en octobre 2012. Il a été rappelé peu de temps après, à la suite de l’opération Pilier de Défense à Gaza.

Dans l’agitation qui a suivi l’éviction du président des Frères musulmans d’Egypte, Mohamed Morsi, en juillet 2013, Israël a réduit son personnel diplomatique posté au Caire, mais a plus récemment commencé à reconstruire sa présence dans la ville, à la lumière du calme relatif.

Depuis qu’il a été affecté à son poste plus tôt ce mois-ci, Gold a également eu des entretiens importants avec des responsables turcs pour réparer les relations tendues entre les deux pays. Il a aussi participé à des réunions avec un général saoudien à la retraite.