Israël devrait étendre l’accès à l’aide de la bande de Gaza en raison du calme relatif dans la région ces derniers temps, a annoncé Ynet.

Parmi les mesures prises, Ynet cite le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, qui autorise l’accès au carburant et aux matériaux de construction qui entreraient par le poste frontière d’Erez, au nord de la bande de Gaza.

Liberman aurait déclaré aux responsables régionaux israéliens près de la frontière de Gaza qu’il permettrait une « aide humanitaire substantielle et supplémentaire », dans le but de maintenir le calme.

Le calme a toutefois été perturbé ces derniers jours à cause de la pénurie d’électricité.

Frustrés d’électricité, les Gazaouis mettent à l’épreuve l’autorité du Hamas

Les Gazaouis grelottent, les manifestations se succèdent, violemment réprimées par le Hamas. La colère gronde dans la bande de Gaza où les Palestiniens ne reçoivent plus en plein hiver que quatre heures d’électricité par jour, au mieux.

Des cas d’enfants morts de froid ont été rapportés, même si la confirmation de tels décès est toujours compliquée dans le territoire reclus, gouverné sans partage par le mouvement terroriste du Hamas et soumis aux blocus israélien et égyptien.

Les forces du Hamas ont dispersé à coups de matraque et en tirant des coups de feu en l’air une manifestation de milliers de Gazaouis qui, dans un rare défi aux autorités, s’étaient rassemblés jeudi dans le camp de réfugiés de Jabaliya en scandant « Nous voulons de l’électricité ».

Les membres du Hamas ont frappé un photographe de l’AFP qu’elles tentaient d’empêcher de travailler. Des hommes en civil ont sommé sous la menace de leurs armes un journaliste de l’agence américaine Associated Press de leur remettre ses téléphones portables, a dénoncé l’Association de la presse étrangère.

Depuis environ deux semaines, les Gazaouis les mieux lotis (ceux de la ville de Gaza par opposition à ceux des camps de réfugiés) ne reçoivent plus que quatre heures d’électricité par jour, au lieu d’être approvisionnés par cycles alternatifs de huit heures.

Ceux qui peuvent se le permettre compensent dans une certaine mesure avec des générateurs fonctionnant à l’essence. Mais les prix du carburant ont augmenté. Les autres pallient avec des expédients en faisant brûler du bois pour se chauffer.

La crise inquiète à cause de ses conséquences sanitaires, même dans un territoire éprouvé. Elle relève aussi du défi pour le pouvoir islamiste en place et sa capacité, non pas cette fois à rallier les Gazaouis face à l’ennemi israélien, mais à contenir la protestation sociale.

‘Hamas, assez’

Un chanteur connu, Adel Mechoukhi, a été arrêté mercredi pour avoir posté une vidéo visionnée plus de 150 000 fois sur le manque d’électricité. « Hamas, assez », y disait-il.

Le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix israélo-palestinien, Nikolay Mladenov, a exprimé sa « profonde inquiétude ».

Il a appelé « à un respect total » du droit de manifester et à un règlement « immédiat » de la crise.

« On voit beaucoup de colère et de ressentiment dans les rues de Gaza à cause des coupures de courant », dit Amjad al-Shawwa, directeur du Réseau des organisations non-gouvernementales palestiniennes.

Ahmad al-Soarka, 24 ans, assure que son fils de 12 mois est mort « à cause du froid extrême, d’après ce qu’ils nous ont dit à l’hôpital ». La maison familiale a été détruite par la guerre avec Israël en 2014 et le préfabriqué dans lequel vivent les siens « est comme un frigo en ce moment ».

Interrogées, les autorités n’ont pas confirmé les causes du décès.

Les deux millions de Gazaouis auraient besoin d’environ 450 ou 500 mégawatts par jour, mais ne reçoivent même pas moitié moins, alors que la demande augmente fortement en hiver.

Une série de facteurs sont en cause.

La seule centrale électrique de la bande de Gaza a été endommagée par les guerres et ne tourne pas à plein régime.

Environ 70 % des foyers ne paient pas leurs factures d’électricité, soit parce qu’ils sont trop pauvres, soit parce que la collecte de l’argent est défaillante, dit l’ONU. C’est autant d’argent qui n’est pas employé pour fournir davantage.

La cause immédiate de la crise réside dans une querelle inter-palestinienne.

C’est l’Autorité palestinienne qui achète cette électricité à Israël et l’Egypte. L’Autorité palestinienne, créée par les accords d’Oslo en attendant un Etat palestinien indépendant, a été chassée de Gaza par la force par le Hamas, et n’exerce plus son autorité qu’en Cisjordanie. En butte aux difficultés financières, elle aurait cessé d’exonérer totalement de taxes le combustible transféré à Gaza.

Le Hamas et l’Autorité palestinienne se rejettent la faute. Le Hamas accuse aussi Israël, qui met en cause les dissensions palestiniennes.