Jérusalem a réagi avec colère aux informations de samedi selon lesquelles les puissances mondiales finaliseraient un pacte stipulant la levée des sanctions en échange d’une modération du programme nucléaire iranien.

Les responsables du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont accusé les six puissances mondiales qui négocient avec l’Iran de se plier à la demande de la République islamique, trahissant même leurs propres exigences de « lignes rouges » formulées publiquement.

« A chaque jour qui passe, les concessions des puissances envers l’Iran croissent de plus en plus », a déclaré un communiqué du bureau de Netanyahu.

« Des concessions sur le régime des inspections, des concessions sur la façon dont les sanctions seront levées, des concessions sur le nombre de centrifugeuses, la recherche et le développement des centrifugeuses avancées et plus encore. »

Les responsables ont déclaré que les concessions mèneraient à une situation qui « ouvrira la voie de l’Iran vers un arsenal d’armes atomiques en une décennie », et vers une bombe en un laps de temps plus court, si l’Iran rompt ses engagements.

Ces commentaires ont été prononcés suite à des rapports de l’Associated Press selon lesquels les puissances et l’Iran avaient élaboré un document sur le rythme et le calendrier d’un allègement des sanctions, l’une des questions les plus controversées des négociations.

Les parties se rapprocheraient d’un accord global qui prévoit une décennie de restrictions sur le programme nucléaire de Téhéran en échange de dizaines de milliards de dollars de bénéfices économiques pour les Iraniens. Elles s’évertuent à signer un accord d’ici la nouvelle date-limite fixée au 7 juillet.

Israël a bruyamment fait pression contre l’accord émergent, arguant que celui-ci permettra à l’Iran de continuer à enrichir de l’uranium pour son programme d’armement nucléaire et lèvera les sanctions qui paralysent l’économie du pays.

Les États-Unis et la majorité des pays craignent que l’enrichissement de l’uranium et d’autres activités puissent conduire à l’arme nucléaire. L’Iran de son côté affirme que son programme est uniquement destiné à produire de l’énergie et à d’autres fins pacifiques.

« Dès la levée des sanctions, des dizaines voire des centaines de milliards de dollars vont affluer dans l’économie iranienne. Il n’y aura pas de possibilité de faire marche arrière », a déclaré le Premier ministre dans le communiqué.

Les responsables américains – et d’autres – ont souligné que les sanctions pourront être « réinstaurées » si l’Iran ne respectait pas l’accord.

Affirmant que l’Iran est plus dangereux que l’Etat islamique (EI), les responsables ont mis en garde contre la menace représentée par un Iran autorisé à développer une arme nucléaire, menace qualifiée d’ « existentielle » par Netanyahu.

« La machine terroriste iranienne qui fonctionne dans le monde entier ne fera que se renforcer. L’Iran est le pays le plus dangereux au monde, en fait beaucoup plus dangereux que l’EI. Il ne faut pas laisser l’Iran se doter de l’arme la plus dangereuse au monde et remplir les caisses du terrorisme », ont-ils déclaré, affirmant que « plus le temps passe, plus les grandes puissances font des concessions à l’Iran ».

Les responsables occidentaux ont décrit l’allégement des sanctions comme l’un des désaccords les plus épineux entre l’Iran et les Etats-Unis, qui ont mené la campagne de pression internationale contre l’économie iranienne.

Rédigé par des experts techniques, l’accord sur les sanctions révélé samedi doit encore être approuvé par les hauts fonctionnaires des sept nations impliquées, y compris le secrétaire d’Etat américain John Kerry, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et les ministres des Affaires étrangères russe, chinois, français, britannique et allemand.

Des diplomates, qui ont parlé sous condition d’anonymat (n’étant pas autorisés à s’exprimer publiquement sur les négociations confidentielles de la semaine dernière), ont déclaré que l’annexe des sanctions a été rédigée cette semaine par des experts de l’Iran et des six puissances mondiales. Ils n’ont fourni aucun détail de l’accord.

Un haut responsable américain n’a pas contesté les déclarations des diplomates. Il a pourtant précisé que l’ »Annexe II » n’est pas encore finalisée.

De même que des détails sur les questions ardues d’autres annexes, comme les inspections et les règles régissant la recherche et le développement de la technologie nucléaire de pointe.

Dans le cadre d’un accord, l’administration Obama souhaite que l’Iran coopère pleinement avec l’enquête de l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’ONU concernant les allégations selon lesquelles Téhéran construit secrètement des armes nucléaires – ce que l’Iran nie avec véhémence. Mais les chances de progresser sur cette question semblent se réduire.

Yukiya Amano, chef de l’AIEA, a déclaré samedi que « davantage de travail sera nécessaire » pour faire avancer l’enquête, dans une déclaration similaire aux déclarations précédentes de son agence, qui s’efforce depuis près d’une décennie de résoudre ces problèmes.

L’AFP a contribué à cet article