Dans ce qui pourrait être un tournant de cette guerre à Gaza, 15 civils ont été tués et plus de 200 ont été blessés jeudi après-midi dans le bombardement d’une école des Nations unies, un assaut que chaque partie impute la faute à l’adversaire.

« Nous pouvons confirmer que les roquettes palestiniennes de terreur qui ont été tirées dans cette zone sont tombées sur le quartier des infrastructures des Nations unies », explique le capitaine Eytan Buchman porte-parole de l’armée. Il assure que la mort et la destruction ont pu être causées par des roquettes hors de contrôle lancées par le Hamas ou un autre groupe terroriste.

Le porte-parole de l’UNRWA Chris Gunness semblait confirmer que des projectiles du Hamas ont été tirés dans la zone. Il a écrit sur sur compte twitter que « l’on annonce que des roquettes du Hamas tombaient sur Beit Hanoun aujourd’hui ».

La Deuxième chaîne israélienne, citant des sources de l’armée, a annoncé que neufs tirs de mortier ont été tirés par l’armée dans la zone de l’école UNRWA à Beit Hanoun, et qu’un tir perdu « a pu frapper l’école ». La chaîne annonce que l’armée était sous le feu du Hamas dans cette zone et qu’une roquette du Hamas pourrait également être en cause. Le feu aurait pu venir « des deux côtés », a spéculé le journaliste spécialiste de l’armée, Roni Daniel.

Une déclaration du Hamas dans un article de Maan a qualifié l’attaque sur l’école un « crime horrible » pour lequel les Israéliens « paieront ».

Robert Zurner, le directeur de l’UNRWA, a déclaré à Al Jazeera que l’endroit de l’infrastructure « avait été indiqué aux Israéliens », et que l’école était « surveillée [pour s’assurer] que notre neutralité soit maintenue ».

La semaine dernière à Gaza, 20 roquettes appartenant à un des groupes terroristes ont été trouvées dans une école de l’UNRWA. Cela constituait selon l’organisation une « violation flagrante de la sacralité des bâtiments sous protection internationale ».

Les infrastructures des Nations unies sur un territoire ennemi ont joué un rôle significatif dans les conflits asymétriques au cours des 20 dernières années.

L’opération d’avril 1996 « Raisins de la colère », qui avait pour but d’arrêter les tirs de roquettes du Hezbollah sur le nord d’Israël, a été suspendue peu après que quatre tirs d’artillerie aient été tirés sur un établissement des Nations unies dans le village de Kama, tuant 102 personnes, y compris quatre personnels des Nations unies. La frappe israélienne était venue en réponse à un tir à proximité du Hezbollah. Il s’agissait d’assister des soldats, sous le commandement de l’actuel ministre de l’Economie Naftali Bennett, qui avait été pris dans une ambuscade sur le terrain.

Durant la Deuxième guerre du Liban, le 30 juillet 2006, un avion de l’armée de l’air israélienne avait bombardé un immeuble cachant des lance-roquettes du Hezbollah, causant la mort de 28 personnes et conduisant à un rapide accord de cessez-le-feu.

Le commandant de la Division Gaza, le général de brigade Miki Edelstein a déclaré dans une vidéo conférence avec des journalistes qu’il n’était encore pas au courant des détails de l’incident, mais que « nous n’agissons pas contre des infrastructures d’ONG sans avertissement ».

« Si quelque chose s’était produit », déclare-t-il, « cela serait par erreur, sans autre intention ».

Un cadre des services de renseignements a confirmé plus tard qu’il y avait eu un tir de roquette palestinien de la zone « très proche de l’école ». Il a ajouté « qu’Israël pouvait attaquer 10 fois plus d’activistes du Hamas qu’il ne l’avait fait jusqu’alors. L’armée s’est retenue », explique-il, « parce qu’ils se cachent sous, ou, très, très proche de civils ».