Israël ne participera pas à une conférence internationale pour le processus de paix organisée par la France, ont annoncé lundi d’importants conseillers du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

L’envoyé spécial du gouvernement français pour le processus de paix au Moyen Orient, Pierre Vimont, est en visite en Israël et dans les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne (AP) cette semaine pour promouvoir le projet de conférence de paix en décembre.

Il a rencontré lundi Yaakov Nagel, conseiller à la sécurité nationale, et Yitzhak Molcho, confident de Netanyahu, qui lui ont dit de « manière claire et sans équivoque » que de réels progrès et un accord de paix durable ne pourraient venir que de négociations bilatérales directes entre Israël et l’AP, a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

« D’autres initiatives ne font qu’éloigner la région d’un tel processus », selon le communiqué, qui affirme que cela permettrait au président de l’AP, Mahmoud Abbas, de ne pas revenir aux négociations bilatérales directes sans conditions préliminaires.

« Israël est déterminé, et attend que la France ne promeuve pas une conférence ou un processus en contradiction avec la position officielle de l’Etat d’Israël », a déclaré le bureau de Netanyahu.

« Il a été signifié clairement à l’émissaire français qu’Israël ne participera à aucune conférence internationale, quelle qu’elle soit, qui irait à l’encontre de cette position » israélienne, dit le communiqué.

« La tenue d’une telle conférence nuirait gravement aux chances de faire avancer le processus de paix car elle permettrait à Abou Mazen (le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas) et à l’Autorité palestinienne de continuer à esquiver des négociations directes sans condition préalable », ajoute-t-il.

Netanyahu a reçu lundi matin son homologue fidjien, Voreqe Bainimara, et n’a pas rencontré Vimont.

L’envoyé français, diplomate à la voix douce, devrait rencontrer Abbas à Ramallah lundi après-midi. Il se rendra aux Etats-Unis la semaine prochaine pour prendre le pouls de l’administration sortante sur la conférence prévue à l’automne à Paris.

Dimanche, Vimont a déclaré que bien qu’il comprenne qu’Israël était opposé à l’initiative française, cela enverrait un message positif si Netanyahu y assistait néanmoins.

« Si au final, le gouvernement israélien décidait de participer à la conférence de Paris, cela démontrerait un engagement sincère et authentique envers la solution à deux états », a-t-il déclaré pendant une conférence à Tel Aviv, selon le quotidien Haaretz.

Les Français savent qu’il est pour l’instant impossible d’obtenir qu’Israéliens et Palestiniens négocient sincèrement, et encore moins qu’ils ne signent un accord de paix, ont déclaré des responsables français.

La conférence internationale proposée n’est pas conçue pour forcer l’une des deux parties à faire des concessions, ni même pour formuler le cadre d’un futur accord. L’un de ses objectifs cruciaux est plutôt d’obtenir que les deux parties, ainsi que les acteurs régionaux et internationaux, réaffirment clairement leur engagement envers une solution à deux états.

« Nous n’essayons en aucun moyen d’imposer une solution aux deux parties. Il s’agit d’obtenir de la communauté internationale qu’elle s’implique dans le processus de paix », a-t-il déclaré à Tel Aviv.