Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu dimanche qu’Israël s’opposerait à toute poursuite de ses soldats par la Cour pénale internationale (CPI), à laquelle les Palestiniens viennent de demander d’adhérer.

« Nous ne permettrons pas que les soldats et les officiers de Tsahal soient traînés devant le tribunal de La Haye », a déclaré Netanyahu à l’ouverture du conseil des ministres hebdomadaire.

Samedi, l’Etat hébreu avait riposté à l’offensive diplomatique internationale des Palestiniens en gelant le versement de plus de 106 millions d’euros de taxes dues à l’Autorité palestinienne.

« Ceux qui doivent être poursuivis sont les dirigeants de l’Autorité palestinienne qui ont fait une alliance avec les criminels de guerre du Hamas », a ajouté le Premier ministre israélien, qui accuse le mouvement terroriste notamment d’avoir utilisé les Gazaouis comme bouclier humain lors du conflit de l’été dernier.

« Les soldats de Tsahal continueront de défendre d’Etat d’Israël avec courage et détermination, et de la même façon qu’ils nous protègent, nous les protègerons avec courage et détermination », a-t-il aussi dit.

« L’Autorité palestinienne a décidé de confronter l’Etat d’Israël et nous ne resterons pas les bras croisés », a encore prévenu le chef du gouvernement israélien.

« Si les Palestiniens ne reviennent pas en arrière nous devrons prendre des mesures encore plus dures jusqu’à une dissolution progressive, une neutralisation progressive de l’Autorité palestinienne », a ainsi déclaré le ministre des Renseignements Yuval Steinitz, considéré comme un proche de M. Netanyahu.

Officiellement, l’Autorité palestinienne ne peut être dissoute que par les Palestiniens. La dissolution constitue, selon les observateurs, la dernière carte que M. Abbas peut abattre dans son bras de fer diplomatique avec les Israéliens.

Ex-ministre israélienne de la Justice récemment limogée et chef du parti de centre-gauche Hatnuah, Tzipi Livni s’est montrée plus modérée. Si le gouvernement « pense à des solutions comme des constructions (dans les implantations, NDLR) ou le démantèlement de l’Autorité palestinienne, c’est nous qui serons punis », a-t-elle dit.

Netanyahu prépare cette fois une réponse « plus dure et globale » que le seul gel du versement des taxes mais qui ne comprendra pas de constructions, a assuré Nissim Ben Sheetrit, un haut responsable du ministère des Affaires étrangères.

« Israël est sur le point de passer de la défense à l’attaque » après les initiatives palestiniennes, a prévenu M. Ben Sheetrit, s’adressant à un parterre d’ambassadeurs israéliens en Europe, réunis à Jérusalem.

Dans le passé, l’Etat hébreu a également utilisé l’arme du retrait des permis VIP, qui permettent aux responsables palestiniens de se déplacer notamment de la Cisjordanie à la bande de Gaza.

Le gel des versements à l’Autorité palestinienne avait promptement été qualifié samedi de « nouveau crime de guerre » par un haut responsable palestinien.

Benjamin Netanyahu a renvoyé dimanche ces accusations aux dirigeants de Ramallah, qui ont contracté « une alliance avec les criminels de guerre du Hamas » en formant un gouvernement d’indépendants après leur réconciliation au printemps avec le mouvement terroriste.

Les dirigeants israéliens accusent notamment le Hamas, dont la charte appelle à la destruction de l’Etat d’Israël, d’avoir utilisé les Gazaouis comme « boucliers humains » durant la guerre cet été dans l’enclave palestinienne.