Israël pense que les cinq roquettes tirées depuis la Syrie sur son territoire samedi matin pourraient avoir été lancées délibérément contre Israël, et ne pas être un « tir perdu » des affrontements syriens, ont indiqué samedi soir des sources militaires.

Israël a répliqué contre la Syrie, frappant trois lance-roquettes, en réponse aux tirs, et a prévenu que des tirs supplémentaires déclencheraient une réponse plus forte.

La Syrie a à son tour affirmé qu’Israël s’était « coordonné » avec des groupes terroristes, les invitant à tirer sur Israël pour obtenir un prétexte à une réponse de Tsahal, et s’est plaint auprès des Nations unies.

L’armée israélienne a annoncé que cinq roquettes ont été tirées vers 5h00 du matin, et que quatre d’entre elles sont tombées relativement loin de la frontière en territoire israélien. Les roquettes ont déclenché les alarmes dans plusieurs communes. Elles ont atterri dans des terrains ouverts, sans faire ni blessé, ni dégât. L’une d’entre elles a atterri non loin d’une zone résidentielle israélienne.

Soldats de l'ONU en patrouille près de la frontière syrienne, sur le plateau du Golan, après les tirs de cinq projectiles en Israël, le 21 octobre 2017. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Soldats de l’ONU en patrouille près de la frontière syrienne, sur le plateau du Golan, après les tirs de cinq projectiles en Israël, le 21 octobre 2017. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

La Deuxième chaîne a indiqué que même si l’armée israélienne parlait officiellement de tir « perdu » dans ses communiqués samedi, il existait néanmoins « un sentiment croissant » dans l’armée selon lequel le tir syrien était délibéré.

Il n’y avait pas de combats en cours en Syrie au moment du tir, a indiqué la chaîne. Elle a ajouté que la région depuis laquelle les roquettes ont été tirées est sous contrôle de l’armée syrienne. De plus, les projectiles se sont enfoncés en territoire israélien, sur le plateau du Golan, et ne sont pas tombés près de la frontière.

Les tensions sont particulièrement élevées sur le front israélo-syrien depuis quelques temps.

Samedi, à la fin d’une visite en Syrie, le chef des forces armées iraniennes a signé un accord avec des responsables syriens, dans lequel les deux alliés ont annoncé un projet de renforcement de la coopération et de la coordination militaire, notamment contre Israël. Les parties se sont mises d’accord pour étendre leur coopération dans les renseignements, les entraînements, la technologie, et contre les « systèmes américano-sionistes », a indiqué le site d’information Ynet.

Le chef des forces armées iraniennes, le général de division Mohammad Bagheri, à gauche, avec le général Fahd al-Freij, à droite, ministre syrien de la Défense, au ministère de la Défense de Damas, le 18 octobre 2017. (Crédit : STRINGER/AFP)

Le chef des forces armées iraniennes, le général de division Mohammad Bagheri, à gauche, avec le général Fahd al-Freij, à droite, ministre syrien de la Défense, au ministère de la Défense de Damas, le 18 octobre 2017. (Crédit : STRINGER/AFP)

Le général de division Mohammad Bagheri, le chef d’état-major iranien, a passé plusieurs jours en Syrie, où il s’est notamment rendu sur les zones de guerre et a rencontré des responsables du régime syrien, dont Bashar el-Assad.

Dans l’objectif de mettre fin à la supériorité aérienne jusqu’alors sans entrave d’Israël sur la Syrie et le Liban, Bagheri a déclaré mercredi que Téhéran ne tolérerait pas de violations de la souveraineté syrienne par Israël, et a juré que les deux pays se battraient ensemble contre les ennemis de la Syrie. « Nous ne pouvons pas accepter une situation où l’entité sioniste attaque la Syrie depuis le sol et les airs », a-t-il dit.

Avigdor Liberman, le ministre de la Défense d’Israël, a reçu la semaine dernière son homologue russe, Sergueï Choïgou, et lui a dit qu’Israël prendrait des mesures contre l’Iran et ses intermédiaires s’ils continuaient de s’implanter sur la frontière syrienne.

Liberman et Gadi Eizenkot, le chef d’état-major de Tsahal, sont cette semaine aux Etats-Unis pour discuter avec des responsables américains de la Syrie et de l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’un rare désaccord public avec l’administration Trump, a prévenu que la situation qui prévaut dans le sud de la Syrie ne permet par de freiner les ambitions militaires iraniennes dans la région.

« La récente attaque israélienne à la lisière de Qouneitra est un nouveau chapitre de la conspiration entre l’occupation israélienne et les groupes terroristes armés, et une autre tentative de soutenir ces organisations », a affirmé le ministère syrien des Affaires étrangères dans ses messages au secrétaire général des Nations unies et au Conseil de sécurité de l’institution.

Soldats israéliens à la frontière syrienne après des tirs de projectiles sur la partie israélienne du plateau du Golan, le 24 juin 2017. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Soldats israéliens à la frontière syrienne après des tirs de projectiles sur la partie israélienne du plateau du Golan, le 24 juin 2017. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Damas a mis en garde contre les « sévères conséquences de ces actions agressives répétées, qui ne peuvent être vus autrement que comme un soutien au terrorisme et aux groupes terroristes criminels. »

Il a de plus exprimé sa « plus grande stupéfaction devant l’incapacité du Conseil de sécurité de faire cesser ces attaques israéliennes et de les condamner. »

L’armée israélienne a promis d’intensifier ses réponses à de futurs tirs. « Même si ce n’est qu’un tir perdu, c’est un incident exceptionnel et la poursuite de tels évènements entraînera une réponse israélienne plus vive », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

« Tsahal ne tolérera aucune tentative de nuire à la souveraineté de l’Etat d’Israël et à la sécurité de ses résidents, et considère que le régime syrien est responsable de ce qu’il se passe sur son territoire », a ajouté l’armée.