Israël envisage de privatiser totalement ou partiellement des entreprises publiques afin de stimuler l’efficacité, réduire la dette publique et combattre la corruption, a annoncé le ministère des Finances.

Cette décision, approuvée par un comité interministériel, devrait rapporter 15 milliards de shekels (4,07 milliards de dollars ou 3,26 milliards d’euros) aux caisses de l’Etat dans les trois prochaines années, selon un communiqué du ministère des Finances paru dimanche.

Des titres minoritaires seront émis pour les sociétés « dans lesquelles l’Etat cherche à retenir un contrôle gouvernemental à long-terme », comme la compagnie d’électricité et les secteurs des chemins de fer, l’aviation, l’eau, la poste et le gaz naturel, affirme le ministère.

L’Etat envisage également de vendre des sociétés dans lesquelles il « n’a pas d’intérêt à long-terme », notamment les ports d’Ashdod et de Haïfa, une industrie militaire modifiée et déclassifiée (l’Etat retenant le droit de déterminer la propriété) et la société Dead Sea Works.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé que cette « réforme (…) augmenterait les revenus de l’Etat et permettrait une plus grande transparence au sein des entreprises publiques ».

Le ministre des Finances, Yaïr Lapid, a lui salué « une nouvelle mesure pour mettre un terme à la politisation des entreprises et réduire la corruption » au sein de ces compagnies.

Netanyahu avait déjà supervisé une série de privatisations quand il était ministre des Finances, il y a 10 ans. Mais les entreprises concernées à l’époque étaient « faciles » par rapport à celles envisagées aujourd’hui, estime l’économiste Michael Beenstock.

« Cela ne va pas se faire », selon M. Beenstock, de l’Université hebraïque, soulignant que les puissants syndicats du port d’Ashdod et de la compagnie d’électricité ont pendant de longues décennies empêché toute réforme.

Si MM. Lapid et Netanyahu ont réussi à privatiser des entreprises moins importantes, la compagnie d’électricité et le port d’Ashdod ne vont pas se laisser faire, insiste-t-il.

« Pour y arriver, il faudrait mettre le pays dans la misère pendant une longue période », ajoute M. Beenstock, et MM. Netanyahu and Lapid « ne vont pas le faire ».