Israël a promis dimanche d’intensifier ses bombardements sur la bande de Gaza après avoir invité les habitants du nord de l’enclave à évacuer, malgré de multiples appels au cessez-le-feu.

L’aviation israélienne a dispersé des tracts au-dessus du nord de la bande de Gaza, non loin de la frontière avec Israël, exhortant les civils à quitter « immédiatement » leur domicile, selon l’armée.

« Ces tracts demandent aux résidents de s’éloigner, pour leur sécurité, des activistes du Hamas et des sites où ils opèrent », a-t-elle expliqué.

Le porte-parole de l’armée, le général Moty Almoz, a assuré que les Palestiniens devaient prendre « cette menace au sérieux » et qu’il ne s’agissait pas « d’une mesure psychologique ».

A la mi-journée, des milliers de Gazaouis fuyaient le nord du territoire en voiture, à dos d’âne, à pied ou en charrette à cheval, emportant ce qu’ils pouvaient avec eux, selon des journalistes de l’AFP.

Beaucoup n’avaient pas vu les tracts mais avaient choisi de fuir après une nuit d’épouvante. « Il y a eu tellement de bombardements que personne ne pouvait dormir, c’était terrifiant », a raconté Farid.

Quelque 4 000 habitants se sont réfugiés dans huit écoles locales gérées par l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unwra).

Première incursion israélienne

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis en conseil des ministres qu’Israël frapperait « le Hamas avec de plus en plus d’intensité », accusant le mouvement islamiste, qui contrôle Gaza depuis 2007, d’utiliser « la population comme un bouclier humain ».

« Nous allons continuer à agir avec sang-froid, fermeté et responsabilité pour atteindre notre objectif qui est de ramener le calme pour longtemps », a-t-il rappelé, refusant de donner d’échéance aux opérations militaires.

Dimanche à l’aube, un commando de marine israélien a pour la première fois fait une incursion au sol, débarquant sur une plage pour détruire un site de lancement de roquettes.

« La mission a été menée à bien », a annoncé l’armée, précisant que quatre soldats avaient été légèrement blessés dans des échanges de tirs que la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a confirmés.

Les dirigeants israéliens ont multiplié ces derniers jours les menaces d’une opération terrestre de grande envergure.

L’armée a rappelé 40 000 réservistes pour remplacer des soldats du contingent déployés sur d’autres fronts afin de disposer de renforts à proximité de la bande de Gaza. Des cohortes de chars et de pièces d’artilleries ont également été déployés près de l’enclave palestinienne.

Selon une étude samedi après-midi du bureau de l’ONU chargé des Affaires humanitaires, 70 % des victimes sont des civils, et 21 % des mineurs.

De son côté, Israël a recensé au total, 655 roquettes qui ont atteint Israël et 170 qui ont été interceptées depuis le déclenchement des hostilités.

Samedi soir, le Hamas a tiré des pluies de roquettes à longue portée en direction de Tel Aviv, Jérusalem et la Cisjordanie, où trois d’entre elles ont explosé.

Deux roquettes lancées du Liban sont tombées sur le nord d’Israël, selon l’armée qui a riposté par des tirs d’artillerie.

Appels à une trêve

Sur le front diplomatique, les ministres britannique, américain, français et allemand des Affaires étrangères doivent discuter dimanche d’un cessez-le-feu, en marge d’une réunion sur le nucléaire iranien à Vienne.

« A Gaza comme en Israël, la priorité absolue c’est le cessez-le-feu », a estimé dimanche le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait de nouveau appelé samedi Israël et le Hamas à mettre un terme aux hostilités et à respecter le droit international, en particulier « sur la protection des civils ».

A Rome, le pape François a lui aussi lancé un appel pour Gaza, en réclamant à toutes les parties « des gestes concrets pour construire la paix ».