Israël réfléchirait à construire une barrière souterraine le long de la frontière égyptienne pour empêcher que le groupe terroriste de l’Etat islamique dans le Sinaï ne creuse des tunnels d’attaque à travers la frontière menant à Israël.

L’armée pèserait le pour et le contre quant à savoir s’il faut prolonger vers le sud la barrière actuellement construite autour de la bande de Gaza afin de protéger les villes israéliennes dans la région d’Eshkol, a annoncé le site Ynet vendredi.

Même s’il a concentré la plus grande partie de ses efforts à mener un soulèvement sanglant contre l’armée egyptiene ces récentes années, l’EI basé dans le Sinaï menace depuis longtemps Israël et a mené des attaques de petite envergure contre le pays. Des djihadistes ont tiré des roquettes contre Israël, et en février l’armée Egyptienne a détruit six tunnels qui reliaient Gaza et le Sinaï.

« Nous prévenons constamment de notre préoccupation quand à la menace croissante à la frontière égyptienne à chaque fois que nous en avons la possiblité, a déclaré Gadi Yarkoni, chef du Conseil régional d’Eshkol. Ainsi, il y a un processus qui est essentiel et nécessaire pour garantir un maximum de sécurité aux résidents exposés et affectés par la guerre qui se déroule en Egypte. La menace des tunnels est d’ordre stratégique pour la zone et donc pour l’ensemble de l’Etat d’Israël ».

Le coût de la barrière qui est actuellement construite autour de la bande de Gaza est de 3,4 milliards de shekels (791 millions d’euros) et devait être achevée d’ici un an et demi.

Un groupe affilié de l'État islamique dans la péninsule du Sinaï avec des chrétiens coptes égyptiens qu'ils ont pris en otage (Crédit : Capture d'écran / YouTube)

Un groupe affilié de l’État islamique dans la péninsule du Sinaï avec des chrétiens coptes égyptiens qu’ils ont pris en otage (Crédit : Capture d’écran / YouTube)

Selon le nouveau plan, la barrière souterraine serait, au départ, prolongée d’un kilomètre vers le sud de la bande de Gaza, avec la possibilité de construire, au final, un mur de trois kilomètres le long de la frontière, précisait-on dans l’article.

La longueur totale de la frontière entre Israël et le Sinaï est de 245 kilomètres et est protégée par une barrière qui a été achevée en 2013.

En février, le ministre de la Défense Avidgor Liberman a écarté la menace du Sinaï après des attaques de roquettes depuis la péninsule. Il a dit que si l’EI « dérange » et « gêne », il ne possède pas les moyens de poser une menace sérieuse à la sécurité d’Israël.

« Si vous comparez avec le Hamas et le Hezbollah, alors [les forces de l’EI dans le Sinaï] ne sont même pas un groupe terroriste, a-t-il déclaré à la radio militaire, décrivant les capacités du groupe comme « des amateurs qui ont décidé par hasard de se construire une armée ».

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, avant la réunion du cabinet dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Flash90)

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, avant la réunion du cabinet dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Flash90)

Le groupe basé dans le désert était auparavant connu sous le nom d’Ansar Bait al-Maqdis – ce qui signifie les « Soutiens de Jérusalem » – avant de changer d’allégeance d’al-Qaeda pour l’Etat islamique en 2014 et changer son nom pour la Province du Sinaï, soulignant l’importance que le groupe terroriste met sur sa critique d’Israël dans le cadre de ses efforts de propagande.

En septembre dernier, un officiel expérimenté du Commandement du sud d’Israël a déclaré que la structure autour de la bande incluait un mur enfoui profondément ainsi qu’une barrière au-dessus du sol. Certaines parties de la frontière d’environ 60 kilomètres sont aussi inondées.

L’officiel, s’exprimant sous condition d’anonymat selon les règles militaires de briefing, a déclaré que l’objectif est de transformer le réseau souterrain en « piège de la mort » pour le Hamas.

Lors de la guerre de 2014 dans la bande de Gaza, les terroristes du Hamas ont réussi à plusieurs reprises à entrer en Israël à travers un réseau de tunnels.

Israël a détruit environ 32 tunnels pendant ce conflit. L’officiel a déclaré que l’armée investissait beaucoup d’efforts pour arrêter la menace.

En 2016, l’armée israélienne a découvert deux tunnels qui entraient dans le territoire israélien depuis Gaza, les premières découvertes dans le genre depuis la fin du conflit en 2014.

Alexander Fulbright a contribué à cet article.