RIO DE JANEIRO – Un groupe de 9 Vénézuéliens convertis au judaïsme ont vu leur demande d’alyah refusée par le ministère de l’Intérieur israélien, qui a déterminé que leur engagement dans la vie juive communautaire était insuffisant.

Les candidats, tous Vénézuéliens d’origine appartiennent à trois familles, converties au judaïsme en 2014 par un tribunal rabbinique conservateur. Ils viennent du village de Maracayn où aucune communauté juive officielle n’existe.

Pour être officielle, une communauté juive doit avoir au moins un rabbin à temps plein et une synagogue active.

Dans de tels cas, le ministère de l’Intérieur exige une plus longue période d’engagement dans la vie juive communautaire après la conversion. Les convertis vénézuéliens ont rejoint une synagogue située à 4 heures de route de leur ville d’origine, et y étudient et pratiquent la religion depuis 3 ans.

Après 6 mois de correspondance entre l’Agence juive et le ministère de l’Intérieur, les Vénézuéliens ont appris il y a deux semaines que leur demande d’immigration en Israël a été rejetée. Ce refus a fait l’objet de protestations de la part de nombreuses personnes, dont des personnalités orthodoxes.

« Ces personnes, indépendamment de la dénomination de leur conversion, ont décidé d’unir leur destin à celui de notre peuple », a déclaré Daniel Askenazi, rabbin orthodoxe de Barranquilla en Colombie, aux médias israéliens. « Il est de notre devoir en tant que juifs d’élever la voix et d’exiger de l’État d’Israël… qu’il valide l’immigration de ces personnes. »

C’est le rabbin Andy Sacks qui œuvre au nom de ces 9 convertis. Il est le directeur de l’Assemblée rabbinique du mouvement conservateur et a déclaré que le Bureau du Premier ministre a ignoré les appels à l’aide. Le président de l’Agence juive Natan Sharansky devrait intervenir auprès du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, chef du parti sépharade orthodoxe, Shas.

« Tristement, cela arrive régulièrement que l’affiliation raciale ou religieuse joue dans la décision prise par le ministère de l’Intérieur », a déclaré Sharansky. « Bien trop souvent, il n’y a aucun mécanisme légal pour faire appel aux décisions prises. »

En novembre, le rabbin qui a supervisé les conversions, Juan Mejia, a confirmé que les Vénézuéliens ont rejoint la communauté juive de Valancia à sa demande. Dans une correspondance passionnée, implorant la compassion des autorités israéliennes, et évoquant la situation chaotique au Venezuela, Mejia a affirmé que leur alyah était « une question de vie ou de mort ».

Un article, publié dimanche dans le Washington Post, affirme qu’il reste entre 6 000 et 9 000 juifs au Venezuela, où la population totale s’élève à environ 30 millions de personnes. Il y a à peine 15 ans, 20 000 juifs vivaient dans ce pays d’Amérique du Sud.

Le Washington Post a repris des données du gouvernement israélien et déclaré que 111 juifs vénézuéliens avaient immigré en Israël en 2015, soit deux fois plus qu’il y a trois ans.