Israël a partiellement rouvert dimanche le complexe du mont du Temple, après un brutal attentat deux jours avant, en n’autorisant l’entrée qu’aux habitants musulmans de Jérusalem. Un nombre relativement faible de fidèles est entré sur le site pour protester contre les détecteurs de métaux installés aux entrées.

Selon la police, environ 200 musulmans étaient à l’intérieur du mont du Temple à 13h00, une heure après son ouverture dimanche, bien loin des milliers de personnes attendues.

Selon un correspondant du Times of Israël présent sur place, aucun fidèle n’est entré sur le mont du Temple en passant par l’entrée principale.

Le lieu saint était fermé depuis vendredi, quand trois terroristes arabes israéliens ont ouvert le feu sur un groupe de policiers, tuant deux d’entre eux. Ils ont utilisé des armes à feu qui auraient été cachées les jours précédant sur le mont du Temple.

Dimanche, à midi, Israël a rouvert l’une des entrées du mont à tous les habitants musulmans de Jérusalem, quels que soient leur sexe ou leur âge. Des détecteurs de métaux ont cependant été installés à l’entrée. Israël avait déjà installé de tels détecteurs dans le passé, avant de les enlever.

Des responsables du Waqf jordanien, responsable de la gestion religieuse du mont du Temple, ont refusé d’entrer sur le site et ont initié une manifestation devant l’entrée, les fidèles priant près de la porte.

La police a précisé que les fonctionnaires du Waqf n’étaient pas obligés de passer par les détecteurs.

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, a déclaré sur Twitter que la protestation du Waqf était une « opposition à l’existence même des détecteurs de métaux ».

La décision d’installer ces détecteurs a été prise samedi soir au bureau du Premier ministre. Israël avait supprimé ces détecteurs quand la Jordanie s’y était opposée, invoquant un changement du délicat statu quo.

Mahmoud al-Aloul, vice-directeur du Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne (AP), a dit dimanche aux médias palestiniens que la mise en place de détecteurs de métaux sur le mont du Temple était « illégitime », et que la sécurité ne serait assurée sur le site qu’en empêchant l’entrée des « colons » et des « soldats israéliens », une référence aux garde-frontières déployés sur le site.

Wafa, le média officiel de l’AP a également indiqué dimanche qu’Israël avait interdit à plusieurs fonctionnaires du Waqf de se rendre sur le mont du Temple, ce qui n’a pas été confirmé par des responsables israéliens.

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant la cérémonie de Yom HaAtsmaout de la police, à Jérusalem, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant la cérémonie de Yom HaAtsmaout de la police, à Jérusalem, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche matin, Erdan a précisé à la radio militaire que tout changement sur le lieu saint devait être coordonné.

« Nous devons nous rappeler que toute action qui modifie la situation sur le mont requiert l’approbation des responsables politiques, parce que cela doit généralement être coordonné avec la Jordanie et d’autres acteurs internationaux. »

Au final, a-t-il cependant souligné, la décision revient à Israël. « Israël est souverain sur le mont, peu importe ce que pensent d’autres états. Si nous décidons qu’une action a certains avantages, nous agirons. »

Erdan a reconnu que des défis pratiques devraient être surmontés.

« Les vendredis du Ramadan, des dizaines de milliers de personnes, parfois plus de 100 000, entrent en quelques heures, a-t-il dit. Il est possible que les [détecteurs de métaux] ne créent de longues files d’attente, et que ceux qui gèrent ces détecteurs ne deviennent une cible pour des attaques terroristes. Il y a aussi un problème sur la vérification de sécurité des femmes qui entrent sur le mont. C’est un projet qui présente de nombreux dilemmes, au niveau politique comme au niveau opérationnel. »

Un garde-frontière israélien regarde la carte d'identité d'une femme musulmane dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Un garde-frontière israélien regarde la carte d’identité d’une femme musulmane dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)