Israël s’est dit « satisfait » mercredi du rejet par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution palestinienne réclamant le retrait israélien de Cisjordanie d’ici deux ans.

« Tout Israélien qui souhaite une paix avec nos voisins ne peut être que satisfait des résultats de ce vote », a affirmé à la radio publique le vice-ministre des Affaires étrangères Tzahi Hanegbi.

Dans la nuit, la résolution palestinienne a recueilli 8 voix alors qu’elle devait en réunir 9 sur les 15 du Conseil, pour être adoptée.

La France, la Chine et la Russie, tous trois membres permanents du Conseil, ont voté pour, l’Australie et les Etats-Unis, proches alliés d’Israël, ont voté contre. Le Royaume-Uni s’est abstenu.

« L’échec de la résolution doit apprendre aux Palestiniens que les provocations et les tentatives d’imposer des mesures unilatérales à Israël ne les mèneront nulle part », a pour sa part estimé le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman.

« Ce vote a porté un coup aux efforts (du président de l’Autorité palestinienne) Mahmoud Abbas pour nous plonger dans l’embarras et nous isoler », a ajouté Tzahi Hanegbi, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« C’est également une victoire pour l’approche israélienne qui consiste à dire que seules des négociations directes sans conditions préalables peuvent permettre, à supposer que cela soit possible, un compromis historique », a-t-il poursuivi.

Pour un commentateur de la radio publique, « Israël a évité un fiasco, mais il ne s’agit que d’une victoire à court terme » car « les pressions internationales vont se poursuivre ».

Les Palestiniens se réunissent après l’échec de leur résolution à l’ONU

La direction palestinienne se réunira mercredi afin de déterminer les prochaines étapes de sa campagne diplomatique pour mettre fin à l’occupation israélienne au lendemain du rejet de sa résolution au Conseil de sécurité de l’ONU.

Les dirigeants palestiniens doivent se réunir à 16H30 GMT à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, qui doit annoncer lors de cette rencontre les prochaines mesures que les Palestiniens entendent prendre.

Son discours sera retransmis par la télévision publique palestinienne.

Les Palestiniens ont prévenu qu’en cas de rejet de leur résolution ils chercheraient notamment à rejoindre la Cour pénale internationale afin d’y mettre en accusation les responsables israéliens pour « crimes de guerre » à Gaza.

Depuis qu’ils ont lancé en septembre leur projet de résolution à l’ONU, les Palestiniens affirment qu’en cas d’échec au Conseil de sécurité, ils signeraient une nouvelle série de traités et conventions pour adhérer à un maximum d’organisations internationales, auxquelles ils ont accès depuis qu’ils ont obtenu fin 2012 le statut d’Etat observateur à l’ONU.

En tête de ces instances, ils envisagent de rejoindre la Cour pénale internationale (CPI) pour y poursuivre des responsables israéliens pour les « crimes de guerre » commis notamment selon eux dans la bande de Gaza, ravagée par trois conflits en six ans.

Certains responsables palestiniens ont également fait peser la menace d’une rupture des accords de coopération sécuritaire avec Israël, un scénario qu’observateurs et diplomates jugent toutefois peu probable.