Des combats violents entre les forces rebelles et celles qui soutiennent le gouvernement syrien font rage sur le passage stratégique de Qouneitra sur le plateau du Golan. Cette situation a contraint Israël à se tenir prêt à toute éventualité dans cette région.

Les forces loyales au régime Assad se sont battues hier pour reprendre la zone frontalière aux rebelles qui l’ont occupé mercredi dernier. Les forces rebelles, y compris celles de Al Nosra qui sont liées à Al-Qaïda ont été présentes dans la région afin d’y tenir le premier rang.

Des hauts gradés de l’armée israélienne se sont réunis mardi matin pour évaluer l’escalade de la situation tandis que le commandement nord de l’armée a déployé des forces d’infanterie dans des véhicules blindés de la zone frontalière, a rapporté la Dixième Chaîne.

Lundi matin, dans le sillage de la dernière d’une série d’explosions d’obus de mortier en territoire israélien, l’armée israélienne a déclaré fermée la zone proche de Qouneitra traversant une zone militaire.

L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne, a déclaré lundi que les deux parties ont subi des pertes dans les combats, autour de la ville de Hamidiyeh dans la province de Qouneitra, près de la frontière israélienne.

L’agence d’État syrienne affirme que l’armée a tué « plusieurs terroristes » et détruit une mitrailleuse lourde dans les combats.

De nouvelles mesures de l’armée israélienne ont empêché les agriculteurs israéliens de se trouver dans leurs champs au cours des derniers jours.

L’armée a également demandé à des journalistes et à des civils de ne pas s’approcher de la zone en raison des multiples incidents de tirs perdus venant des batailles syriennes pouvant frapper l’intérieur d’Israël.

Les combats ont également mis en danger les forces de l’ONU dans la zone démilitarisée séparant Israël et la Syrie sur les hauteurs. Plus de 70 soldats philippins et 45 Fidjiens ont été capturés par les forces rebelles la semaine dernière, bien que les forces philippines aient pu échapper à leurs ravisseurs et fuir en Israël.

Les 45 Fidjiens sont restés aux mains des rebelles, ce qui a déclenché des critiques parmi certains pays contributeurs de troupes à la force de maintien de la paix sur le fonctionnement de cette force d’interposition dans le Golan. Leurs ravisseurs ont publié des demandes pour la libération de ces soldats mardi.

Le Front Al-Nosra transmet ses demandes à l’ONU qui négocie

Les îles Fidji ont dévoilé mardi les exigences du Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, qui a revendiqué l’enlèvement de 45 Casques bleus fidjiens sur le plateau du Golan en Syrie.

Les combattants demandent également l’envoi d’aide humanitaire à une petite ville située dans le bastion d’Al-Nosra, près de Damas, et des compensations financières pour trois des leurs blessés ces derniers jours.

« Ce sont les demandes officielles (du Front Al-Nosra) en échange de la libération de nos soldats », a indiqué Mosese Tikoitoga en précisant que ces demandes avaient été transmises aux Nations unies.

Selon la presse fidjienne, les rebelles demandent aussi la libération de Abou Moussab al-Souri, également connu sous le nom de Moustafa Setmariam Nasar, un responsable d’Al-Qaïda arrêté au Pakistan en 2005 et actuellement détenu par les autorités syriennes.

Une équipe de négociateurs de l’ONU est arrivée sur le plateau du Golan en provenance de New York, selon le chef de l’armée fidjienne.

« Malheureusement nous n’avons fait aucun progrès, nos soldats se trouvent dans un endroit tenu secret, les rebelles refusent de nous dire où ils sont », a assuré Mosese Tikoitoga. D’après leurs geôliers, les soldats fidjiens sont en bonne santé et ont été extraits des zones de combat.

Les 45 Casques bleus fidjiens, membres de la Fnuod, la Force de l’ONU chargée de l’observation du désengagement entre Israël et la Syrie, sont retenus en otages depuis jeudi.

Dans un communiqué reproduit par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE, le Front Al-Nosra affirme retenir les Casques bleus en représailles à « la complicité de l’ONU » avec le régime « criminel » de Bachar al-Assad, engagé dans une guerre sans merci contre les rebelles depuis plus de trois ans.

Les Casques bleus ont été capturés à la suite de combats entre l’armée et des groupes rebelles dont Al-Nosra, près de Qouneitra, dans la zone de désengagement délimitée en 1974, où patrouille la Fnuod.

Soixante-quinze autres Casques bleus, des Philippins, qui étaient bloqués en raison des combats, sont désormais sains et saufs, selon le gouvernement philippin.

Plus de participation de l’Irlande à l’avenir

L’Irlande, qui contribue à une unité d’intervention rapide de 130 membres de la mission de l’ONU, a averti lundi qu’elle ne remplacerait pas ses troupes le mois prochain si les dirigeants de l’ONU à New York n’étaient pas d’accord sur le renforcement de la puissance de feu ainsi que sur des engagements supplémentaires.

« J’ai dit très clairement que je ne vais pas continuer à envoyer des troupes irlandaises dans le cadre de cette mission, à moins que le fonctionnement de cette force ne soit revu. Il est clair que ce n’est plus une zone démilitarisée », a déclaré le ministre irlandais de la Défense Simon Coveney à la radio d’Etat à Dublin.

« Nous devons obtenir une assurance importante de l’ONU, ainsi que du côté syrien, que nous pouvons opérer une mission en toute sécurité. Les niveaux de risque, compte tenu de ce qui s’est passé au cours des trois derniers jours, ne sont pas acceptables ».