Tandis que les recherches des trois adolescents enlevés en Cisjordanie continuent depuis trois jours ce dimanche, les Israéliens ont mis en place une série de mesures de sécurité visant à la fois à faciliter les recherches, mais aussi à mettre la pression sur les Palestiniens.

A Hébron, au sud de l’endroit où Eyal Yifrach, 19 ans, Gil-ad Shaar et Naftali Frenkel, 16 ans, ont été enlevés dans la nuit de jeudi soir, les forces israéliennes ont mis en place une fermeture totale de la zone.

Une source palestinienne a déclaré à Ynet que la ville était entourée par les forces israéliennes. Personne ne peut entrer ou sortir.

Le grand-père d’un des jeunes, Shmouel Shaï Cohen, a expliqué dimanche à la radio militaire que son petit-fils était « un garçon responsable qui aurait pu être enlevé ailleurs », en réponse à des questions sur le danger de faire de l’auto-stop en Cisjordanie.

« Le ministère de l’Education ne met pas suffisamment de bus à la disposition des lycéens dans cette région, les obligeant à voyager en stop », a argué David Perel, le président du Conseil régional du Gush Etzion.

« Le budget dépensé pour les recherches des jeunes enlevés aurait pu être investi plus tôt dans des moyens de transports réguliers », a-t-il ajouté.

Evoquant l’hypothèse d’un éventuel échange entre les jeunes Israéliens et des prisonniers palestiniens, l’ancien chef du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, Yuval Diskin, a estimé sur sa page Facebook que « la libération des prisonniers palestiniens pendant les négociations encourageait les enlèvements d’Israéliens ».

Les passages entre la bande de Gaza et Israël ont également été fermés. Le gouvernement a annulé tous les droits de visite aux prisonniers palestiniens enfermés en Israël.

En outre, un accord qui aurait permis de fournir du travail en Israël à environ 5 000 travailleurs dans le bâtiment en Cisjordanie a été gelé. On a également interdit l’entrée de nombreux Palestiniens dans des implantations où ils travaillent.

« Fermer les implantations [aux travailleurs palestiniens] est un moyen de faire pression sur la population de l’Autorité palestinienne pour ne pas couvrir l’enlèvement. Cela met la pression pour dénoncer les kidnappeurs et faire rentrer les adolescents sains et saufs à la maison », a déclaré le Conseil de Yesha, l’organisation générale des implantations de Cisjordanie, dans un message aux dirigeants des implantations.

Ces mesures ont été prises tandis que les forces israéliennes menaient des opérations dans toute la Cisjordanie dans la nuit de samedi à dimanche. 80 Palestiniens recherchés ont été arrêtés, y compris certains cadres du Hamas.

Dimanche, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré que l’armée ne se reposerait pas tant que les trois adolescents ne seront pas rentrés à la maison.

« L’armée et les services de renseignement sont impliqués dans un effort complexe et de grande envergure. Cette mission difficile exige de nous tous patience, fermeté, responsabilité et discrétion », a-t-il déclaré sur Twitter.

Samedi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé le pacte d’unité entre le Hamas et le Fatah d’avoir permis l’enlèvement, expliquant que des groupes terroristes comme le Hamas travaillaient pour nuire aux Israéliens.

Un porte-parole du Hamas s’est félicité de l’enlèvement, mais a déclaré que le groupe terroriste n’était pas impliqué.

Les trois adolescents ont été enlevés dans la nuit de jeudi en Cisjordanie près de l’implantation d’Alon Shvut.

Yaalon a déclaré samedi que l’armée considérait que les trois adolescents étaient encore en vie.

Netanyahu doit tenir un réunion d’urgence avec le cabinet de sécurité ce dimanche matin pour faire le point sur la situation.