Israël s’inquiète de la hausse des actes antisémites dans le monde en 2016, selon un rapport du ministère de la Diaspora présenté dimanche qui dénonce notamment l’émergence d’une nouvelle extrême droite aux Etats-Unis.

« Nous avons constaté une augmentation du nombre d’incidents à caractère antisémite dans le monde, qui vont des insultes antisémites, notamment sur les réseaux sociaux, aux agressions physiques », affirme ce rapport de 54 pages.

Il est publié en vue de la Journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah le 27 janvier.

Parmi ses principaux points, figurent le bond de 50 % du nombre d’agressions antisémites en Allemagne par rapport à 2015, de 62% d’actes violents contre des juifs en Grande-Bretagne et de 45 % d’actes antisémites sur les campus américains.

En Allemagne, 461 actes antisémites ont été enregistrés en 2016, contre 200 en 2015. Le rapport attribue cette hausse à la désillusion des politiques migratoires libérales du gouvernement et à la résurgence de l’extrême-droite.

De jeunes juifs ultra-orthodoxes dans le quartier londonien de Stamford Hill, le 17 janvier 2015. Illustration. (Crédit : Rob Stothard/Getty Images via JTA)

De jeunes juifs ultra-orthodoxes dans le quartier londonien de Stamford Hill, le 17 janvier 2015. Illustration. (Crédit : Rob Stothard/Getty Images via JTA)

Au Royaume-Uni, les actes antisémites ont également augmenté en 2016, avec notamment une hausse de 62 % du nombre d’attaques violentes à Londres uniquement.

Même si le rapport note que la majorité des incidents britanniques sont causés par des acteurs d’extrême-droite, le Labour de gauche a lui aussi été pointé du doigt après l’exclusion de plus de 50 de ses membres pour des propos antisémites en 2016.

Concernant les Etats-Unis, le rapport dénonce la « hausse de l’antisémitisme dans la campagne présidentielle » au cours de laquelle « la nouvelle droite [alt-right-Ndlr] a pris de l’ampleur ». Il évoque « le paradoxe de cette droite qui soutient Israël et tient un discours raciste et antisémite ».

La mouvance de l’alt-right, qui a récemment fait irruption sur la scène publique américaine, n’a pas de structure formelle et son idéologie puise dans l’extrême-droite traditionnelle et la théorie de la suprématie blanche autant que dans une dénonciation du libre-échange économique.

Le nombre d’actes antisémites commis sur les campus universitaires américains est lui aussi en hausse. La majorité de cette hausse est attribuée à la discrimination de l’association ‘Students for Justice in Palestine’ contre les étudiants juifs et les conférenciers invités.

À l'extérieur de l'UOIT de Toronto, Students for Justice in Palestine à leur table d'information 2016 (Crédit : SJP à UOIT / DC page Facebook)

À l’extérieur de l’UOIT de Toronto, Students for Justice in Palestine à leur table d’information 2016 (Crédit : SJP à UOIT / DC page Facebook)

Selon une étude publiée en octobre par l’université Brandeis, l’un des indices les plus forts d’un environnement perçu comme hostile aux juifs et à Israël sur les campus « est la présence d’un groupe actif de Students for Justice in Palestine. »

En Europe de l’Est également, l’antisémitisme est en hausse, particulièrement en Pologne. Le rapport se concentre sur les propos tenus en juillet dernier par la ministre polonaise de l’Education, Anna Zalewska, qui semblait nier la responsabilité des Polonais de deux massacres de juifs dans les années 1940.

Le rapport souligne en revanche une baisse de 65 % des actes antisémites en France en 2016, avec 294 agressions reconnues contre 808 en 2015. « Cette baisse est due notamment aux efforts du gouvernement avec la mise en place du Plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme », un plan doté de 100 millions d’euros sur trois ans et présenté en avril 2016 par le Premier ministre Manuel Valls.

« Malgré la baisse des actes antisémites, les juifs de France ne sont pas à l’aise avec l’expression publique de leur identité juive et le nombre de juifs quittant la France pour d’autres pays, y compris Israël, reste important en 2016 », précise le rapport.

Le ministère impute le nombre croissant d’actes antisémites à la popularité grandissante des partis d’extrême-droite en Europe et également à la gauche radicale qui « sous prétexte de critiquer Israël a créé une nouvelle forme d’antisémitisme en Europe ».

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : John Thys/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : John Thys/AFP)

Le rapport accuse également l’Autorité palestinienne (AP) de promouvoir l’antisémitisme, en particulier par son « usage systématique de l’antisémitisme religieux et d’autres histoires afin d’alimenter la haine des Israéliens et des juifs » parmi les Palestiniens vivant en Cisjordanie.

De plus, le rapport souligne une hausse marquée de l’antisémitisme sur les réseaux sociaux, notamment pendant la campagne présidentielle américaine. Le rapport souligne que ces réseaux sociaux sont devenus le premier média d’expression de l’antisémitisme et du racisme, et qu’ils fournissent une plateforme à des « groupes marginaux » comme la droite dite alternative et l’extrême-gauche.

Le rapport a également noté une hausse du discours anti-israélien utilisé comme couverture à l’antisémitisme, particulièrement sur les réseaux sociaux.