Israël s’apprêtait mercredi à faire face à de vives critiques devant le Conseil de sécurité de l’ONU en raison de ses nouveaux projets de construction à Jérusalem-Est.

Une réunion d’urgence du Conseil devait s’ouvrir à 15H00 locales, à la demande de la Jordanie. Celle-ci, membre non-permanent du Conseil de sécurité, joue communément les intermédiaires pour les Palestiniens.

Elle a été sollicitée par le représentant palestinien à l’ONU Riyadh Mansour, qui a demandé aux 15 membres du Conseil « de se pencher sur la situation de crise à Jérusalem-Est occupée ».

Israël a annoncé lundi accélérer les plans pour la construction de 1 000 logements à Jérusalem-Est.

Les Palestiniens, qui voient en Jérusalem-Est la capitale d’un futur Etat, ont prévenu qu’une telle action pouvait déclencher « une explosion » de violences.

Cette annonce est intervenue alors que des troubles agitent Jérusalem-Est depuis quelques mois et se sont aggravés dernièrement. Les Palestiniens craignent en effet qu’Israël restreigne l’accès à la Mosquée al-Aqsa, le troisième lieu saint de l’islam.

La réunion du Conseil de sécurité des Nations unies ne devrait pas déboucher sur une résolution, mais la Jordanie va vraisemblablement chercher à ce que le Conseil émette une déclaration condamnant l’action d’Israël.

Des diplomates des Nations unies estiment que de la mise en chantier de nouveaux logements dans des implantations mettrait en péril l’espoir des Palestiniens de voir se créer un Etat sur ce territoire.

Sanctions

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé à Israël d’y renoncer car ils sont, selon lui, « illégaux » et « totalement contraires à la poursuite d’une solution à deux Etats ».

Le soutien des Etats-Unis à une déclaration du Conseil restait incertain. Même si Washington a condamné l’annonce, les Américains restent les alliés les plus farouches des Israéliens.

Par le passé, les Etats-Unis ont ainsi mis leur veto en 2011 contre une résolution condamnant les implantations israéliennes. Il s’agit du seul veto américain à l’ONU depuis l’arrivée de Barack Obama.

Le rôle des Américains va être crucial dans ce dossier. Le secrétaire d’Etat John Kerry a été ces derniers mois un militant infatigable de la paix au Proche-Orient. Toutefois, les Etats-Unis semblent de plus en plus frustrés par l’intransigeance dont fait preuve le gouvernement israélien.

Un haut responsable américain racontait mardi au journal en ligne The Atlantic, sous couvert d’anonymat, que l’administration Obama trouvait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « trouillard » et l’attaquait sur sa décision de vouloir installer de nouvelles implantations.

« Il ne fera rien pour trouver un arrangement avec les Palestiniens ou avec les pays arabes sunnites. La seule chose qui l’intéresse, c’est de se protéger lui-même contre toute défaite politique… Il n’a pas de cran », a déclaré ce responsable.

Les relations entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu ont toujours été très fraiches et l’annonce du projet à Jérusalem-Est a provoqué « une colère noire » au sein de l’administration américaine.

Les pays européens ont aussi mis la pression sur Israël. La Suède a par exemple dit être prête à reconnaître la Palestine et le Parlement britannique a aussi voté en faveur d’une reconnaissance de l’Etat de Palestine.

L’Union européenne a même évoqué d’éventuelles sanctions contre Israël, mais Benjamin Netanyahu est resté inflexible : « Je ne ferai aucune concession qui mette en danger notre pays », a-t-il dit devant le Parlement mercredi.

Dans sa lettre, l’envoyé palestinien veut que le Conseil demande à Israël de retirer immédiatement son projet et « revienne sur le chemin de la paix qu’il a clairement abandonné ».

Le secrétaire général adjoint aux Affaires politiques Jeffrey Feltman devait briefer les membre du Conseil de sécurité avant le début de la réunion.