Un char de l’armée israélienne s’est livré à des tirs de semonce contre les forces du président syrien Bashar Assad, à proximité de la ligne de cessez-le-feu entre les deux pays sur le plateau du Golan dimanche, dans un contexte de tensions accrues le long des frontières du nord d’Israël. Samedi, l’armée avait déjà procédé à des tirs de semonces.

Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait laissé entendre qu’Israël agirait militairement en Syrie quand elle le jugerait opportun, pour s’assurer que les forces soutenues par l’Iran ne s’approchent pas de sa frontière, en référence au Hezbollah libanais, bête noire de l’Etat hébreu.

« J’ai dit clairement à nos amis, à commencer par nos amis à Washington mais aussi à nos amis à Moscou, qu’Israël agirait en Syrie –y compris dans le Sud — en fonction de sa lecture de la situation et de ses exigences de sécurité », a déclaré M. Netanyahu.

Depuis la guerre de 1967, Israël occupe 1 200 km² du plateau du Golan, dont l’annexion en 1981 n’a jamais été reconnue par la communauté internationale, alors que les quelque 510 km² restants sont sous contrôle syrien.

Les tirs de samedi ont eu lieu en représailles à des travaux de construction entamés par les forces syriennes dans une zone démilitarisée, a indiqué l’armée israélienne. Ces travaux « violent l’accord de cessez-le-feu de 1974 », qui « interdit l’entrée dans la zone démilitarisée d’outils de construction ou de véhicules militaires lourds », a indiqué samedi à l’AFP une porte-parole de l’armée israélienne.

Aucune victime n’a été déplorée du côté syrien.

L’armée israélienne a également fait savoir qu’elle avait porté plainte auprès de l’UNDOF, la force de l’ONU chargée de surveiller la zone depuis 1974.

La porte-parole militaire n’a pas confirmé des informations selon lesquelles l’incident se serait déroulé à proximité du village druze de Hader, contrôlé par le gouvernement syrien. Cette bourgade a été le théâtre d’un attentat-suicide à l’explosif au début du mois qui avait tué neuf Druzes syriens. Des affrontements avaient suivi entre les forces gouvernementales et les rebelles du pays.

Cet incident avait entraîné une initiative inhabituelle d’Israël, dont l’armée s’était alors dite prête à défendre le village de Hader.

Dans une série de tweets, le porte-parole des militaires chargé de la communication avec les pays arabes, Avichay Adraee, avait indiqué que les soldats étaient prêts à soutenir le village pour « éviter qu’il ne soit attaqué ou occupé », dans le cadre de son « engagement envers la population druze. »

Des hommes druzes dans le Golan israélien se rassemblent à proximité de la frontière syrienne, brandissant leur drapeau communautaire, après avoir entendu parler d’un attentat suicide à la bombe dans le village druze syrien de Hader, le 3 novembre 2017 (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Après l’incident, des douzaines d’habitants druzes d’Israël avaient manifesté à la frontière syrienne contre les violences croissantes à Hader.

L’annonce par Israël que le pays protégerait Hader – qui se trouve en Syrie – avait constitué un très rare exemple d’intervention publique dans la guerre civile syrienne qui fait rage de l’autre côté de la frontière.

Cette déclaration avait reflété la pression croissante exercée sur les leaders israéliens par les communautés druzes de Galilée et du Golan, soucieuses de venir en aide à leurs coreligionnaires souvent pris entre les feux croisés des rebelles sunnites et des forces pro-gouvernementales chiites et alaouites.

Au cours des six dernières années, Israël s’en est tenu à une politique de neutralité face à la guerre, ne s’impliquant qu’en cas de transgression de l’une de ses « lignes rouges ».

Ces dernières comprennent notamment la violation de la souveraineté israélienne par le biais d’attaques délibérées ou accidentelles, les prises de position sur le plateau du Golan par des milices soutenues par l’Iran et les tentatives de transfert d’armes avancées au groupe terroriste du Hezbollah.

La communauté druze est présente en Syrie et en Israël. Quelque 140 000 druzes vivent dans l’Etat hébreu, dont 20 000 dans la partie israélienne du Golan.

L’AFP a contribué à cet article.