Israël a déclaré à l’Autorité palestinienne (AP) qu’elle mettra bientôt en application sa menace de déduire une certaine somme des impôts que l’Etat juif collecte pour l’AP afin de couvrir les frais d’approvisionnement en électricité de la bande de Gaza.

L’énergie fournie à l’enclave côtière est déjà restreinte, à cause d’un conflit qui oppose le Hamas et l’AP sur qui doit payer cette électricité.

Dans une lettre lue par le Times of Israël, le général de division Yaov Mordechai, chef du COGAT, a déclaré à Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l’AP, qu’en raison des conditions humanitaires désastreuses, le courant devra être rétabli d’une manière ou d’une autre.

Le Hamas, groupe terroriste qui supervise la bande de Gaza depuis qu’il a éjecté l’AP dans un violent coup d’état en 2007, a refusé de payer pour l’électricité israélienne, affirmant que l’AP est responsable de son financement, même s’il dépense des millions en armement. En mai, Ramallah a réduit la quantité d’énergie qu’elle était disposée à payer, et par conséquent, l’approvisionnement en électricité a été réduit de six à quatre heures par jour.

L’AP, qui est dominée par le Fatah, parti rival du Hamas, a supprimé 15 millions de shekels chaque mois des 40 millions qu’il versait à Israël pour l’électricité à Gaza, afin de faire pression sur le Hamas. Israël a par conséquent commencé à réduire l’approvisionnement au courant du mois de juin.

Le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les Territoires, le général de division Yoav Mordechai, en 2015. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les Territoires, le général de division Yoav Mordechai, en 2015. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

« Je vous informe par la présente que si une solution palestinienne en interne n’est pas atteinte, nous reviendrons à la situation précédente et déduirons les fonds des transferts d’impôts dans un futur proche », a écrit Mordechai, qui a souligné qu’il avait alerté Sheikh par le passé de l’adoption d’une telle mesure.

« Il y a des limites humanitaires qui, si elles sont franchies, représentent un danger potentiel pour la santé, le secteur sanitaire [à Gaza] et, à terme, la population toute entière. »

« Je vous demande de prendre les mesures nécessaires pour résoudre ce problème afin d’empêcher la mise en application de mesures unilatérales », a-t-il dit.

L’unité de Mordechai, en charge de l’administration des territoires palestiniens, a refusé de s’exprimer sur cette lettre. De plus, aucune date spécifique n’a été indiquée pour marquer le début de la déduction des fonds pour payer les dettes de l’électricité de Gaza.

Dans le cadre d’un accord économique signé avec l’AP en 1994, Israël transfère des dizaines de millions de dollars tous les mois en frais de douane, qui sont prélevés sur les produits destinés au marché palestinien qui transitent par les ports israéliens. Israël a déjà imposé des gels sur ces transferts, mais cette sanction n’a jamais excédé deux mois.

Une délégation du Hamas s’est rendue cette semaine au Caire pour rencontrer des chefs du renseignement égyptien, pour parler, entre autres des solutions possibles aux problèmes d’électricité à Gaza, qui ont eu des conséquences graves pour les résidents de l’enclave. De nombreuses plages de Gaza sont interdites à la baignade parce que les usines de traitement des eaux usées de Gaza ont arrêté de fonctionner, à cause du manque de courant.

Yoav Mordechai, dirigeant du COGAT, et Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l'Autorité palestinienne, après la signature d'un accord de coopération sur l'eau, le 15 janvier 2017. (Crédit : COGAT)

Yoav Mordechai, dirigeant du COGAT, et Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne, après la signature d’un accord de coopération sur l’eau, le 15 janvier 2017. (Crédit : COGAT)

Le Hamas a cherché à contourner l’AP et à augmenter son approvisionnement en électricité, notamment en achetant du fioul à l’Égypte pour l’unique centrale de Gaza. Les tentatives de l’AP pour faire pression sur le Hamas ont également causé une grave pénurie de médicaments et de matériel médical dans l’enclave, selon un groupe de défense des droits de l’Homme en juin, qui a décrit une aggravation de la situation humanitaire.

Abbas, qui s’oppose à ce qu’il considère comme un gouvernement fantôme du Hamas à Gaza, a déclaré qu’il était fatigué d’être « le distributeur automatique » du Hamas, et que si le Hamas voulait obtenir de l’argent de l’AP, il devra céder le pouvoir dans la bande de Gaza.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.