Le ministre des Affaires étrangères, Avidgor Liberman, a annoncé jeudi qu’Israël ouvrirait une ambassade en Lituanie dans ce qu’il a qualifié d’une nouvelle indication de l’amélioration des liens entre les deux pays.

« Les liens entre Israël et la Lituanie se sont fortement développés au cours des récentes années et cela s’exprime, entre autres, par l’ouverture d’une ligne aérienne entre Tel Aviv et la Lituanie, par le développement des liens économiques et commerciaux entre les pays dans les domaines de la technologie, du high-tech et de la médecine », a déclaré Liberman, selon Ynet.

L’ambassade doit commencer à fonctionner au début de l’année prochaine dans la capitale, Vilnius.

Lors d’une visite officielle du pays, Liberman a rencontré le président lituanien Dalia Grybauskaite et d’autres officiels du gouvernement. Il a remercié la Lituanie pour son soutien aux Nations unies lors du récent conflit de 50 jours à Gaza.

En juillet, lors d’un débat sur l’opération Bordure protectrice, l’ambassadeur lituanien en Israël, Darius Degutis, avait condamné les tirs de roquettes de la bande de Gaza sur Israël, soulignant qu’Israël avait le droit de se défendre, et avait appelé à un retour du contrôle de l’Autorité palestinienne dans un Gaza démilitarisé.

Des groupes juifs et israéliens ont critiqué la Lituanie pour son attitude envers l’Holocauste, tout particulièrement ce qu’ils ont perçu comme étant une approche évasive de prise de responsabilité pour le meurtre systématique de 95 % de ses Juifs par la population locale lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Ils ont également critiqué le respect d’un jour européen du souvenir qui met sur un même plan les crimes nazis et soviétiques, et la tentative de poursuite de survivants de l’Holocauste nés en Lituanie, que Vilnius a accusés d’être impliqués dans des crimes de guerre pour avoir travaillé avec les Soviétiques en combattant avec les nazis.

Nourris par la haine des occupants soviétiques, la Lituanie a glorifié ceux qui les ont combattus lors de la guerre, et, dans le cadre de cette campagne, a demandé, par le passé, à Israël d’enquêter sur des survivants de l’Holocauste.

En 2012, Yad Vashem a protesté contre ces actions en annulant l’invitation du ministre de la Culture de la Lituanie, Arunas Gelunas, et de l’ambassadeur du pays à Tel Aviv, Darius Degutis, pour une conférence sur les communautés juives de la Lituanie d’avant-guerre.

En avril, le Centre Simon Wiesenthal a accusé le gouvernement lituanien de faciliter la glorification de criminels de guerre de l’époque de l’Holocauste.

L’accusation faisait suite à une manifestation à l’époque par des nationalistes à Kaunas, la deuxième plus grande ville du pays, également connue comme Kovno.

Les manifestants brandissaient des portraits de l’ancien dirigeant pronazi Juozas Ambrazevicius-Brazaitis. Son gouvernement a aidé les troupes allemandes à envoyer 30 000 Juifs à la mort. Les manifestants du 16 février portaient également des pancartes avec écrit : « La Lituanie aux Lituaniens ».

En juin de cette année, le Parlement de Lituanie a fait passer un amendement reconnaissant les sauveurs de Juifs à l’époque de l’Holocauste comme des combattants de la liberté.

La Communauté juive de Lituanie s’est félicitée du vote. « Enfin, le gouvernement lituanien a exprimé son attitude positive envers les Juifs », pouvait-on lire dans le communiqué.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.