Les négociateurs israéliens et palestiniens se sont rencontrés à nouveau dimanche soir à Jérusalem, sans la participation du médiateur américain Martin Indyk, a annoncé un responsable palestinien à l’AFP.

La réunion a eu lieu à Jérusalem entre le chef des négociateurs palestiniens, Saëb Erakat, la ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, et l’envoyé spécial du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Yitzhak Molcho, a précisé ce responsable.

Elle a pris fin au bout de six heures sans aboutir à un déblocage du processus de paix, en pleine paralysie, a-t-on appris de sources proches des négociations.

Aucune confirmation n’a pu être obtenue du côté israélien, qui fêtera à partir de lundi la Pâque juive, dont les célébrations durent sept jours.

Selon une source palestinienne, une nouvelle rencontre entre négociateurs est prévue mardi soir ou mercredi, en présence cette fois de l’émissaire américain.

M. Indyk, qui est rentré à Washington pour des « consultations », doit retourner mardi dans la région, a précisé la source.

Les deux parties ont multiplié les gestes d’hostilité depuis qu’Israël a refusé de libérer comme prévu le 29 mars un quatrième et dernier contingent de prisonniers, réclamant désormais une prolongation des négociations de paix au-delà de la date butoir du 29 avril.

La dernière rencontre entre les négociateurs israéliens et palestiniens remontait à jeudi, avec la participation de l’envoyé américain Martin Indyk. Elle n’avait débouché sur aucune percée.

L’impasse s’est aggravée après l’annonce jeudi soir du gel de transfert des taxes qu’Israël perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne.

Les taxes concernées, dont le montant s’élève en moyenne à 80 millions d’euros par mois, représentent plus des deux tiers des recettes budgétaires propres de l’Autorité palestinienne.

Israël a également suspendu sa participation à un projet de développement d’un champ gazier palestinien au large de la bande de Gaza, et va plafonner les dépôts bancaires palestiniens dans ses établissements financiers.

Ces sanctions ont été présentées par un responsable israélien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, comme des représailles aux demandes d’adhésion de la Palestine à 15 traités et conventions internationaux, déposées en réaction à la non-libération des prisonniers.

« Nous étions très près d’un accord concluant avec les Palestiniens, un accord complexe qui était déjà examiné par le gouvernement, mais à la dernière minute les Palestiniens ont rompu leurs engagements et ont déposé leur candidature à 15 traités internationaux », a expliqué dimanche le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, au cours d’une rencontre avec des ambassadeurs en poste à Tel-Aviv.

« Nous sommes prêts à discuter et négocier mais nous n’accepterons pas de démarches unilatérales », a déclaré M. Lieberman.

Un dirigeant du mouvement nationaliste Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Chaath, a déclaré dimanche, dans un communiqué publié par l’agence officielle Wafa, que les Palestiniens avaient « plusieurs options », ajoutant que « les sanctions israéliennes n’empêcheront pas la poursuite des démarches palestiniennes pour rejoindre tous les traités et organisations internationales ».

Washington a exprimé ses craintes si les sanctions israéliennes étaient confirmées.

« Nous avons lu les articles de presse, mais n’avons entendu aucune annonce officielle du gouvernement israélien », a déclaré vendredi Mme Psaki.

« Cela dit, de tels développements seraient malheureux. Nous pensons que le transfert régulier des taxes de l’Autorité palestinienne et la coopération économique entre Israël et l’Autorité palestinienne est bénéfique, et importante pour le bien-être de l’économie palestinienne », a-t-elle ajouté.